D’étudiant à maître d’école.

Quelques amis pensionnaires en 3 ème année d’études.

J’ai 12 ans, je termine mon école primaire. La maison est très triste, mon papa est atteint d’une maladie dont il ne guérira pas. Juillet 1955, il nous quitte. En septembre de la même année, j’entre à l’Athénée Royal de Bouillon où j’accomplis mes deux premières années d’études secondaires .

Avec tristesse, nous quittons cette bonne ville de Bouillon pour aller habiter à Vierves-sur-Viroin. En 1957, j’entre à l’école moyenne de Couvin pour parachever mes premières études.

1958 j’entre à l’École normale de Couvin pour me préparer à la profession d’instituteur. Cette petite école aura pour moi une influence importante dans mon comportement futur et la façon de voir les choses. Cette école regroupe environ 200 jeunes gens et jeunes filles. Ce sont les élèves qui viennent d’entrer en première année qui sont les plus nombreux. Nous sommes dans une période où un grand nombre d’instituteurs prendront leur retraite à l’âge de 50 ans ; l’âge légal à l’époque. De nombreuses communes recherchent de jeunes instituteurs. Certains ont déjà reçu l’assurance d’occuper un emploi alors qu’ils ne sont pas encore en possession de leur diplôme.

Les études d’instituteur se déroulent sur quatre années et permettent en même temps d’obtenir le diplôme de fin d’humanités. Les deux premières années se déroulent comme dans n’importe quel athénée ou lycée. Les cours de la dernière année d’humanités sont répartis sur 2 ans en même temps que ceux liés à la formation de maître d’école tels que la psychologie, la méthodologie, la pédagogie….

Dès notre entrée, la discipline de l’école nous impose un règlement strict durant nos quatre années d’études. Nous devons porter une chemise avec une cravate ainsi qu’un costume comprenant pantalon et veston. Les entrées en classe malgré notre âge se font en rangs de deux.

Toutefois au fur et à mesure des années, la discipline se relâche tout comme les rapports existant entre les surveillants et les élèves. Il en est de même avec la direction de l’école. Le directeur, monsieur Gentilhomme est de service à toute heure du jour ou de la nuit. À l’une ou l’autre reprise, nous l’avons vu passer dans les dortoirs durant la nuit pour observer le comportement des pensionnaires.

Du côté du corps professoral, nous sommes contents de suivre les cours qui nous sont donnés par des professeurs relativement jeunes et passionnés. Quasi la moitié des élèves sont pensionnaires. Nombreux habitent pourtant des villages proches de Couvin mais le manque des moyens de transport rend le choix nécessaire. D’autres étudiants viennent de la région de Charleroi. C’est ainsi que j’ai connu durant mes études Jules Van Calster, enseignant de Souvret. Denise Mendiaux, fille d’un ancien bourgmestre de Courcelles, Marcel Polome qui finit sa carrière comme chef d’école à la Motte et Nadia Gogniat qui enseigna la morale fréquenteront aussi cet établissement d’enseignement.

Notre professeur de pédagogie avait été instituteur et il avait suivi des cours universitaires pour pouvoir enseigner les matières propres à notre formation d’instituteur. Ces personnes, en somme, nous faisaient partager leurs propres connaissances du métier.

La vie des pensionnaires n’était pas triste. L’école organisait des activités culturelles. À titre d’exemple, nous pouvions regarder la télévision qui venait d’être installée dans l’établissement une fois par semaine. Des activités théâtrales, des conférences et un ciné-club étaient d’organisés régulièrement en collaboration avec la direction. C’est ainsi que durant ma 4e année d’études, je devins secrétaire aux activités du jeudi après-midi en collaboration avec notre directeur. En dernière année de formation, j’y ai consacré beaucoup de temps, parfois même au détriment de mes propres études.

Comme nos études amènent à la profession d’instituteur, nous assistons à des leçons modèles données par les instituteurs de l’École d’application adjointe à l’École normale. En 4 -ème année, nous donnons à notre tour des leçons sous la surveillance du titulaire de la classe.

En dernière année, nous devions choisir une école primaire pour nous exercer à la pratique du métier. Mon choix personnel se portable sur la petite école de Vierves sur Viroin. L’école comportait les 6 divisions, de la 1 ère à la 6 -ème année. Je découvris un métier d’équilibriste, de jongleur, de capacité de passer d’une leçon à une autre dans le même temps. Ces instituteurs méritent le plus grand respect. Seuls, ils ont formé un nombre important d’élèves auxquels ils ont fourni les notions de base pour leur permettre d’aborder des études bien plus compliquées à l’avenir.

Robert Tangre

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