
Mon école primaire aujourd’hui.
En 1949, mes études primaires se sont déroulées à l’école communale de Bouillon. Lorsque j’entrai en 1 ère année, Monsieur Robinet était chef d’école et ses collègues étaient Messieurs Mathieu et Henrion. Arrivé en troisième année, c’est Monsieur Mathieu qui devint chef d’école. J’eus ainsi le grand plaisir d’avoir M. Henrion comme instituteur durant 4 années. Je me souviendrai toujours de l’utilisation de l’imprimerie scolaire avec ses caractères en plomb, ses composteurs. Ce travail m’a tellement bien marqué que vingt années plus tard, je l’ai reproduit dans ma classe de 5 ème année du Trieu des Agneaux à Courcelles. J’en reparlerai par la suite.
Au degré supérieur, les choses sérieuses commençaient avec certaines activités qui m’ont marqué. Il y avait la rédaction hebdomadaire à rédiger à domicile le jeudi après-midi (le mercredi d’aujourd’hui) Le samedi soir, de temps à autre, nous devions souvent reproduire des cartes de géographie. Cela se faisait à l’aide de papier calque, ensuite il fallait colorier, inscrire le nom des pays, des capitales, des cours d’eau, des montagnes, … Le tout se faisait sous l’étroite surveillance paternelle. Pas question de rêvasser. J’en ai retiré le besoin indispensable pour chaque enfant d’être soumis à la surveillance paternelle et la nécessité d’acquérir soi-même une discipline personnelle. Cela me servit dans ma profession future.
Un autre souvenir vivant m’a, sans doute, dirigé vers la profession qui fut la mienne quelque temps plus tard. A l’époque lorsqu’un instituteur était absent, le chef d’école envoyait l’un de ses élèves surveiller la classe de son collègue absent. C’est ainsi que je me retrouvai à l’une ou l’autre reprise attablé au bureau de l’instituteur absent. J’avais comme mission de surveiller le travail demandé, d’assurer le silence, empêcher les déplacements et en cas de désobéissance, envoyer le récalcitrant chez le chef. J’assumai ce travail avec plaisir et rigueur. Vraisemblablement, c’est à ce moment qu’est né dans mon cerveau la volonté d’apprendre ce beau métier de « Maître d’Ecole »
Les années d’enseignement primaire à l’époque étaient très différentes d’aujourd’hui à commencer par le temps consacré aux études.
La matinée commençait à 8 h 30 jusqu’à midi. Les cours reprenaient l’après-midi de 13 h 30 à 14 h.
Les congés consistaient en 15 jours pour la fin de l’année et pour les fêtes de Pâques. Les deux mois de juillet et août pour les grandes vacances.
A ces congés officiels s’ajoutaient les jours de fêtes religieuses : Toussaint Ascension Pentecôte et 2 jours de fêtes civiles 1 er et 8 mai.
La semaine était coupée en deux : le jeudi après-midi, nous n’avions pas cours. Toutefois, nous allions en classe le samedi jusqu’à 15 heures. Après Pâques, les cours étaient supprimés le samedi après-midi.
Nous n’avions pas de cours de gymnastique ni de cours de natation ni de religion (seule la religion catholique était présente). Durant les 5 ème et 6 ème années, les parents acceptaient ou refusaient que leur enfant suive une demi-heure de religion donnée par l’instituteur. Ceux qui n’acceptaient pas avaient la permission d’arriver en classe à 9 heures.
Faites le décompte de notre temps de présence à l’école, il était bien plus long que maintenant.
Robert Tangre