1er mai 1942 en Belgique

Le 1er mai s’est déroulé dans notre pays sous le signe de la lutte contre l’occupant à l’appel du Parti communiste qui avait diffusé des centaines de milliers de tracts et de papillons. Les travailleurs ont marqué leur irréductible hostilité au régime nazi. Ils ont célébré le 1er mai en portant des coups durs à la machine de guerre hitlérienne.

« Pas une heure de travail pour Hitler ! » sous ce mot d’ordre, des centaines de milliers de travailleurs se mirent en grève

Les partisans entamèrent la campagne par quelques coups particulièrement réussis portés à l’ennemi. Au puits du Cazier, à Marcinelle, ils dynamitèrent la machine d’extraction. À Lodelinsart, ils brûlèrent complètement la Verrerie de la Paix servant d’entrepôt aux Allemands. À Mariemont, au charbonnage Saint-Arthur, deux compresseurs et la chaudière sautèrent la nuit du 1er mai.

Dans des dizaines et des dizaines de communes de Flandre, de Wallonie et de la région bruxelloise, des drapeaux rouges avait été hissés au sommet des pylônes, au faîte des usines, aux câbles. En plusieurs endroits, notamment au pont de Roux, au pont de la Villette, de véritables manifestations de masse eurent lieu autour de ces drapeaux à la faucille et au marteau, symbole de la liberté et de l’indépendance.

Des fleurs furent déposées dans de nombreux cimetières sur les tombes de nos disparus : Joseph Jacquemotte, F. Moureau, J. Berlemont en souvenir des fusillés de 1886 à Roux, à Ransart, etc.

Dans toutes les régions industrielles, le mot d’ordre de grève fut suivi dans la majorité des entreprises à la grande rage des Allemands qui ont tant besoin de notre production pour pouvoir continuer leur guerre de brigandage.

Dans la région liégeoise, dans les charbonnages et les usines métallurgiques, l’arrêt du travail a été quasi général, les travailleurs affirmant leur volonté d’aider les alliés à liquider le régime abhorré de l’occupant. Dans la région de Charleroi, la grève immobilisa les grandes usines : ACEC, Fabrique de Fer, Thy-le-Château. Energie. Au moins vingt charbonnages du bassin furent désertés. Même compatibilité dans la Basse Sambre où les mineurs ainsi que les métallurgistes de la Fonderie de Tamines, les ouvriers des petites entreprises travaillant pour l’occupant ont fait grève. Dans la région du Centre, seul le personnel d’entretien des charbonnages a travaillé. Grève également dans les principales entreprises métallurgiques. Aux atelier Collinet à Houdeng, les ouvriers ne se sont pas contentés d’arrêter le travail, ils ont nommé une délégation qu’ils ont chargée, le lendemain de présenter leurs revendications au patronat. Soixante pourcents du personnel des charbonnages de la région de Hensies Pommeroeul n’a pas travaillé et le chômage fut total dans de nombreuses petites entreprises notamment dans les bonneteries de Quevaucamps. Dans le Brabant, également, il y a eu des grèves et des arrêts partiels du travail : chez Blavier à Vilvoorde Comptimter à Molenbeek Henricot à Court-Saint-Étienne, Berger à Wavre, AGEA, bureau de poste, etc …. En outre, à Bruxelles, quatre-vingts pourcents des élèves de l’Institut des Arts et Métiers et une bonne partie de l’Ecole Professionnelle de la Ruche stoppèrent les cours.

À tous ces renseignements qui ne sont que partiels, il faut ajouter que les travailleurs ont encore porté d’autres coups à leur ennemi. Ils ont marqué leur mépris pour les traîtres. Dans la capitale et ailleurs, les maisons des Judas ont été distinguées de différentes manières. À Liège, le local du mouvement nazi wallon place Saint Barthélemy a été pratiquement démoli à coup de dynamitr et, toute la journée, les travailleurs en grève et les patriotes défilèrent devant les ruines marquant hautement leur haine pour les vendeurs de syndicats à l’hitlérisme.

Le 1er mai 1942, sous la terreur nazie, fut un cuisant échec pour l’occupant, une belle et grande journée de lutte.

Mais le combat continue et doit se renforcer non seulement les travailleurs doivent s’opposer résolument aux déportations de plus en plus menaçantes mais ils doivent développer, intensifier le sabotage de toute production pour Hitler. Dès maintenant, ils doivent se préparer à refuser tout travail pour l’ennemi dans les entreprises belges. Non seulement, les groupes de partisans qui font sauter les centrales et flamber les dépôts allemands doivent se multiplier mais les patriotes doivent se grouper et s’organiser pour préparer le soulèvement national libérateur. Staline a dit que l’hitlérisme doit être écrasé en 1942. Il le sera si vous aussi, ici, nous lui portons des coups définitifs.

Extrait du Drapeau Rouge numéro 26 de 1942

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