
Nous étions en 1976 et je venais de me positionner politiquement depuis quelque temps. Lors d’une réunion de la section locale du parti, j’appris que notre camarade Olivier Depoplimont venait d’abandonner l’activité qu’il développait avec des enfants du quartier de Mirecourt. Après réflexion, je me proposai de prendre le relais et d’organiser chaque semaine, chaque samedi matin de 9h à midi, des activités pour animer le groupe local de l’Union des Pionniers de Belgique.
J’ignorais à ce moment que cet engagement allait durer jusqu’en 1991 et le grand nombre d’importantes activités que nous allions développer avec les nombreux enfants qui rejoignirent notre groupe local. Parmi ces enfants, nombreux étaient ceux qui me connaissaient car ils fréquentaient l’école où j’enseignais, le Trieu des Agneaux.
Les thématiques développées durant les activités portaient sur la paix, la défense de l’environnement et la lutte contre le racisme et la xénophobie.
Comment se sont passées mes relations avec ces jeunes enfants qui pouvaient être à la fois de mes élèves et aussi membres des pionniers. Comment fut le comportement de ces enfants lorsqu’ils s’adressaient à l’animateur culturel ou à l’instituteur ? Durant les activités, les pionniers, ces enfants s’adressaient à moi très naturellement par mon prénom. Toutefois, ils savaient que le lundi matin lorsqu’ils me rencontreraient dans la cour de l’école, le terme « Monsieur » serait de rigueur et le vouvoiement indispensable.
L’activité eut aussi pour moi une influence importante dans mon comportement d’enseignant. La discipline que j’avais toujours exigée restait de rigueur mais une forme de complicité entre eux et l’adulte, l’instituteur s’était établi. Aucun.e d’entre eux, d’entre elles ne se trompa durant ces nombreuses années et pourtant, ils furent très nombreux, garçons et filles à participer aux activités.
Maintenant les adultes qu’ils sont devenus tout comme moi, gardons en mémoire le souvenir de ces moments enrichissants.
Tangre Robert