Dans le sud du Liban, l’hôpital Al-Najda de Nabatiyeh, îlot isolé au milieu des combats entre le Hezbollah et l’armée israélienne

La bataille de la forteresse de Beaufort, conquise par l’armée israélienne dimanche, a transformé Nabatiyeh, à 6 kilomètres au nord, en zone de combat avec le Hezbollah. Le personnel de l’établissement hospitalier et la défense civile prennent en charge les blessés et les déplacés dans une ville largement vidée de ses habitants.

Le bruit sifflant d’un missile puis le fracas d’une explosion toute proche figent les soignants de l’hôpital Al-Najda Al-Chaabia (« secours populaire »), à l’entrée de la ville de Nabatiyeh, au Liban, samedi 30 mai à la mi-journée. Le garde de sécurité ferme d’un geste sec le portail de métal de l’entrée des urgences et bat le rappel des personnes qui se trouvent dehors. Une frappe de drone vient de s’abattre sur un utilitaire qui roulait sur la route en contrebas, à une cinquantaine de mètres. Une odeur âcre d’explosifs emplit la pièce. L’utilitaire transportait certainement une cargaison d’armes pour le parti chiite Hezbollah, se disent les soignants.

La frayeur se lit sur les visages. Jamais une frappe n’avait été aussi proche de l’établissement. Les équipes de la défense civile de Nabatiyeh, de la Croix-Rouge libanaise et des secouristes de la ville attendent dix minutes avant de se mettre en route, suivies des pompiers. Le drone israélien pourrait frapper à nouveau si sa cible est encore vivante. Les doubles frappes sont à l’origine d’une grande partie des 125 morts enregistrées par le ministère de la santé libanais dans les rangs des secouristes et du personnel de santé depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah, le 2 mars.

« Malheureusement, l’armée israélienne ne respecte pas la sécurité des secouristes, des journalistes et des civils », déplore Hussein Dakdouk, le responsable des opérations de la défense civile de Nabatiyeh, qui suit l’intervention de son équipe depuis le belvédère de l’hôpital. Les secouristes reviennent sans le corps de la victime de la frappe. Déchiqueté, il a été emmené par les secouristes de l’Association islamique de la santé, affiliée au Hezbollah, qui se coordonnent avec eux, ainsi qu’avec les scouts de la mission islamique Rissala, affiliés au parti chiite Amal, au sein d’un dispositif chapeauté par le ministère de la santé.

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Par Hélène Sallon , envoyée spéciale

Extrait du Monde.

Commentaire :

En 2009, une délégation du Secours populaire Wallonie-Bruxelles a séjourné au Liban à l’invitation du Secours populaire libanais. Cette association sœur travaille sur l’entièreté du Liban et même sur la partie sud de ce pays où elle gère cet important hôpital de Nabatiyeh . Les membres du personnel médical et ouvrier travaillent en parfaite symbiose indépendamment de leur appartenance religieuse ou philosophique. Il en va de même pour les personnes hospitalisées qu’elles soient chiites, sunnites, maronites, druzes ou athées. Le Secours populaire libanais a été créé par des médecins dont certains ont fait leurs études à Lille et à Liège. Tous nous ont dit redouter à tout moment une attaque des forces israéliennes. Déjà, à ce jour, de petites antennes médicales ont été atteintes lors d’un bombardement. 

En souvenir et en partage avec toutes celles et ceux que nous avons rencontrés au Sud Liban, nous ne pouvons que dénoncer les attaques qu’ils ont subies.

Robert Tangre

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