Maître d’école

Maître d’école

Mes collègues, Bernard François et Fernand Capron

C’est ainsi que je débutai ma carrière d’instituteur dans le siège scolaire du Trieu des agneaux le 1er septembre 1962. L’école comportait 3 classes pour filles sous la direction de Madame Petit, ex-Bongrain et 3 classes pour garçons sous la direction de Monsieur Capron. Chaque enseignant avait la responsabilité de deux années : la première et la deuxième année, la troisième et la quatrième année enfin la 5 ème et 6 ème année. Du côté fille, il y avait aussi deux institutrices maternelles œuvrant dans un pavillon en bois donnant directement sur leur cour de récréation. Les divers titulaires étaient du côté garçons monsieur Capron, le chef d’école et Monsieur Bernard François. J’héritai donc des années du degré inférieur. Du côté filles, il y avait madame Bongrain, madame Boulanger et une institutrice dont j’ai oublié le nom tout comme celui de celles qui travaillaient avec les petits écoliers de l’école maternelle. L’école du Trieu des Agneaux avait également une extension dans une maison située à la rue Depasse sous la responsabilité de madame Babelaine.

Cette situation dura jusqu’à la fin de la décennie 60, moment où le pouvoir communal décida de la mixité de l’enseignement communal. Les deux chefs restèrent toutefois en place jusqu’à la pension de l’un d’eux.

Décrire l’école du Trieux des Agneaux, c’est mentionner son âge. Elle doit approcher la centaine d’années. Toutes les classes sont situées de plain-pied. Une cour en cendrée est traversée par une allée formée de gros pavés. J’occupai une grande classe située dans le couloir du côté garçons. De cette classe, je pouvais voir le charbonnage numéro 4 situé à proximité du moulin de Rianwelz et le démontage de ses installations.

Tout comme l’école, les châssis étaient très âgés La classe comptait de lourds bancs de bois. Quel travail de force pour les dames qui effectuaient l’entretien des classes. Elles culbutaient les bancs sur le côté et donnaient un coup de balai directement en dessous. L’école était entourée de toutes parts d’un mur d’environ 2 m de hauteur. La cour des filles était fermée par un grillage comme celui qui existe toujours du côté garçons.

Les maisons à front de rue étaient réservées à l’époque aux chefs d’école. Monsieur Capron et son épouse occupaient celle du 34 de la rue Jules Destrée, aujourd’hui rebaptisée rue Trieu des Agneaux. Derrière leur maison, les chefs disposaient d’une petite cour privée. En entrant dans une cour de récréation, sur l’autre côté était érigée une petite remise qui servait de réserve pour le charbon et le petit bois nécessaire pour alimenter le feu car les classes étaient chauffées par un gros poêle en fonte.

Le bureau de l’instituteur se trouvait sur une estrade. Un grand tableau en pierre noire occupait l’entièreté du mur face aux écoliers. Nous en reparlerons prochainement dans un autre article.

Ça y était, j’allais devoir prouver mes capacités d’enseignant. Rendez-vous compte, j’avais à l’époque 19 ans. Quelle responsabilité pour un jeune homme à qui sont confiés des enfants. Il était de coutume que le nouvel le nouvel enseignant avait la responsabilité d’enseigner aux plus jeunes enfants. Pourtant ils disposaient de peu de pratique. Leur principale responsabilité était de leur apprendre à lire et à écrire. Croyez-moi, cette responsabilité pesait lourdement sur mes épaules. En juin 1963, je pus être satisfait :car mes écoliers lisaient tous couramment pour la plupart. Un seul garçon éprouvait toujours de grosses difficultés.

Notre relation avec notre chef d’école était agréable. Il nous expliquait sa carrière, son passé. Jamais, il ne vint dans ma classe vérifier le travail que j’accomplissais. Lors de nos discussions, il nous partageait son expérience et sa façon d’envisager la pratique de son métier. A notre tour, notre comportement fut nettement influencé par ses explications.

L’école du Trieu des Agneaux était déjà bien considérée par les parents. Ils y inscrivaient leur enfant en toute confiance. Les années qui allaient s’écouler par la suite allaient le prouver. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Robert Tangre

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