Promesse tenue.


C’était vers 1985, je reçois un coup de téléphone. » Allô, bonjour Robert, c’est Gilbert*. Je te téléphone car j’ai une proposition à te faire de la part du collège échevinal. Nous savons que tu as toujours été un défenseur de l’ancienneté lors des nominations. Bientôt nous allons devoir procéder à la nomination de chefs d’école. Voici le sens de notre proposition :  » Nous serions désireux d’imposer un examen aux candidats à  cet emploi. Pour la nomination, nous ne tiendrons pas compte des résultats chiffrés obtenus par les candidat.e.s. Nous désignerons les futur.e.s chef.fe .s d’école suivant leur ancienneté dans l’enseignement courcellois ».

 » Gilbert, merci pour ta proposition mais tu sais très bien que je n’ai pas le pouvoir de décider seul. Il faut que j’en réfère à notre organisation syndicale, la CGSP enseignement. Je vais demander à mes collègues de nous réunir le plus rapidement possible et d’examiner attentivement votre proposition. »

Sitôt dit, sitôt fait, une réunion du bureau de notre organisation syndicale est organisée. Y ont participé les camarades suivants : Annie Orban, Nicole Siebenberger, Jean-Michel Delcourt, Michel Daminet, Michel Clercy et Georget Vandierendonk. Du débat sort la proposition suivante : » Tu recontactes le bourgmestre et tu lui donnes notre accord et nous te désignons pour suivre les activités qui seront proposées au divers candidat.e.s. »

Quelques semaines plus tard, l’annonce est rendue publique et un appel aux candidatures est diffusé. Mes collègues seront une bonne dizaine à souhaiter participer aux épreuves. Il fut signalé que l’épreuve comporterait trois volets : la critique d’une leçon dont l’orthographe serait éliminatoire, des questions sur la législation concernant l’enseignement primaire et enfin il leur serait fourni un cas d’école que chaque candidat.e devrait solutionner.

Personnellement, je participais à ces épreuves à titre syndical pour en attester la régularité. Le jury était composé de 3 inspecteurs, deux inspecteurs cantonaux et l’inspecteur principal. De temps à autre, notre bourgmestre assistait à un examen sans s’immiscer. Cela se fit dans la correction la plus grande et pour moi cela conforta mon opinion sur les qualités de tous mais surtout de ceux -celles qui m’étaient le plus proche. Un instituteur dut abandonner après la première épreuve.

Quelles leçons en ai-je retirés ? Les années qui suivirent, la plupart des chefs nommés à la suite de ces épreuves exercèrent leur travail avec correction, avec sagesse et qualité. Ils méritèrent par la suite du respect des enseignants qu’ils encadrèrent et celle des parents quant à l’organisation de l’école qu’ils – elles dirigèrent.

Merci à Gilbert Krantz qui fut vraisemblablement l’homme qui voulait rencontrer les souhaits émis par l’organisation syndicale d’autant plus que professionnellement Gilbert était un ancien instituteur de l’école de Courcelles Motte devenu inspecteur cantonal.

Les collèges échevinaux qui se succédèrent respectèrent l’engagement décidé à l’époque. Personnellement, ayant participé à cette épreuve, j’ai découvert les qualités et les défauts de certains de mes collègues mais je n’ai dévoilé à personne le contenu de ma participation épreuve et le résultat chiffré obtenu par chacun.e.

Gilbert Krantz habitant Gouy devient bourgmestre de Courcelles de 1982 à 1988.

Un homme de qualité.

Robert Tangre

Votre commentaire