Instituteur, élèves, parents.

Ecole du Trieu des Agneaux 1962 – 1963

Je vais évoquer maintenant quelques souvenirs qui me restent gravés dans la mémoire suite à mon travail d’instituteur.

Chaque jour en fin de journée, je demande à mes élèves de prendre leur journal de classe et je leur dicte le travail qu’ils ont à accomplir le soir même à la maison. Je travaille à ce moment-là avec des enfants qui fréquentent la 5e année primaire, ils sont donc capables d’écrire à mon écoute. Chaque jour, ils doivent montrer ce journal à leurs parents et les faire signer. Régulièrement, je vérifie si les parents ont bien apposé leur signature surtout lorsque l’élève n’a pas réalisé le travail demandé.

Lors de la rentrée des classes, parmi le matériel classique reçu par les enfants, je leur donnais un cahier appelé de brouillon- de moins bonne qualité- qui servait à faire des exercices qui seraient cotés. En somme, cela pourrait correspondre à ce que ces enfants devenus étudiants effectueront des interrogations. Je ramassais les cahiers pour écrire les cotations. En fin de mois, je collectais les points obtenus dans les différentes branches et j’en faisais la moyenne pour chacune d’elles. Les points obtenus étaient alors transcrits dans le bulletin mensuel. Au vu de celui-ci, les parents avaient ainsi la possibilité de connaître la raison des résultats obtenus durant la période car il leur était demandé de signer régulièrement ce cahier d’exercices.

Ayant quitté l’enseignement depuis très longtemps et n’ayant plus de connaissances pratiquant ce beau métier, je ne peux exprimer mes sentiments que sur le seuil fait de ce que je vois et constate. Comme j’habite en face d’une école primaire, j’ai tout le temps libre pour observer les sorties d’école. À plusieurs reprises, au vu d’enfants portant d’imposantes et lourdes mallettes, je constate que très sortant, papa ou maman se charge de la porter. D’autres ont acheté une petite charrette à roues. Encore une fois, je peux évoquer mes souvenirs à la vue des lourds matériels que les enfants transportent. Durant mes années de pratique, en fin de journée scolaire, je disais à mes élèves ce qu’ils devaient emporter pour le retour à la maison et je leur conseillais de laisser le reste des objets classiques dans le tiroir de leur banc scolaire. D’autre part, nous utilisions peu les feuilles volantes car Il a fallu l’arrivée de la stencileuse pour commencer à imprimer petitement nos travaux. La situation s’est surtout accélérée avec l’arrivée de la photocopieuse. Les feuilles copiées automatiquement ont nécessité l’achat d’un trop gros classeur.

Autre bon souvenir de l’école du TDA. La veille de la fancy-fair durant laquelle était effectuée la remise des prix, à plusieurs reprises, nous avons monté un chapiteau dans la cour de récréation des maternelles. Pour avancer le travail, les élèves de 5 ème et de 6e années venaient nous donner un coup de main pour dresser l’armature métallique du chapiteau. Les plus âgés se présentaient pour tenir les barres métalliques verticales pendant que mon cher collègue, Bernard François et moi-même, nous accrochions les fermes horizontales. Le travail se faisait avec entrain. Nos élèves étaient heureux de pouvoir nous montrer qu’ils étaient capables de travailler physiquement. Lorsque vers 17 heures, les adultes ayant fini leur journée venaient nous rejoindre, la charpente du chapiteau était dressée, ils n’avaient plus qu’à étendre les bâches et les relier entre elles.

Robert Tangre

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