Un beau jour, monsieur Capron, mon chef d’école, me dit : « Ce jour à 16 h, il y a une réunion syndicale des enseignants dans une classe de l’école du Trieu. Si cela t’intéresse, tu es le bienvenu. »
Pour donner suite à cette information, je me rendis au lieu où devait se dérouler la réunion. Il s’agissait surtout d’une réorganisation de la section organisée pour donner suite à la démission du son président, monsieur Scrève, père. Un candidat se proposa et fut élu directement : Il s’agissait de monsieur Fernand Delpierre chef de l’école de l’enseignement spécial. Un secrétaire fut alors élu à son tour, un jeune instituteur, Monsieur Victor Hamaide devint secrétaire.
C’était au tour de la désignation d’un trésorier. Mon chef d’école m’interpella : « Dépose ta candidature. Tu es capable de faire cela. ». Je le fis.et je devins dès ce jour, le trésorier de la section syndicale de Courcelles. Mon travail consistait à recevoir les cotisations mensuelles des affiliés de la CGSP enseignement et ils étaient nombreux à l’époque. Je ne devais pas m’adresser à tous les syndiqués mais uniquement aux chefs d’école qui servaient d’intermédiaires. Lors de mes visites dans les différents sièges, le chef me donnait l’argent en échange des timbres syndicaux. Cette situation dura jusqu’au début des années 70 car le système de de perception des cotisations se modernisa et fut organisé au travers de versements bancaires.

Réunion de la CGSP à la Maison des 8 heures de Charleroi.
Notre syndicat était très actif. De nombreuses réunions se tenaient à Charleroi dans le premier étage de la Maison des 8 heures. La salle était régulièrement archicomble. De nombreuses manifestations étaient régulièrement organisées et la mobilisation était très importante car les instituteurs souhaitaient une revalorisation de leur salaire mensuel. À l’époque pour beaucoup d’instituteurs, ce salaire était le seul revenu de la famille et le traitement qu’ils recevaient étaient nettement insuffisant.
C’est en 1973 ou 1974 que le gouvernement décida d’une revalorisation de notre traitement. Celle-ci fut importante. Pour moi aussi car je passais une période difficile. Je venais de faire construire mon habitation et j’étais en instance de divorce. Je pus grâce à cette augmentation salariale faire face à la situation.
Les mesures gouvernementales ne s’arrêtèrent pas là. Elles imposèrent aux pouvoirs organisateurs de cesser de rémunérer eux-mêmes leurs enseignants. Cela concernait surtout l’enseignement dit libre. Ils recevaient l’argent de l’Etat et versaient à leurs enseignants le montant qu’ils décidaient. Pour nous, enseignants communaux courcellois, la situation changea quelque peu car nous obtenions un sursalaire se montant à 10 % du salaire octroyé par l’État. À la suite des décisions gouvernementales, tout le monde fut mis sur le même pied et nous perdîmes ces fameux 10 %.
Lors des grèves, les sièges d’écoles étaient tous fermés. Beaucoup de jeunes, aujourd’hui, ne sont plus indiqués, ils ignorent vraisemblablement que le traitement dont ils bénéficient aujourd’hui, ils le doivent à l’engagement syndical des personnes de mon âge.
Enfin, des réunions régulières étaient organisées entre le pouvoir organisateur et le pouvoir syndical. Bien des problèmes furent résolus lors de ces rencontres.
Robert Tangre.