
Depuis le 1er septembre 1962, j’occupe un emploi d’instituteur primaire à Courcelles. Je suis responsable d’une classe réunissant des enfants de première et de deuxième année. J’occupe donc un emploi intérimaire. Mon instituteur en chef, monsieur Capron me conseille de me faire connaître par les diverses autorités politiques de Courcelles. Il m’explique que je dois me rendre au domicile des élus communaux car ce sont eux qui me désigneront éventuellement à titre définitif. J’ai donc 15 visites domiciliaires à effectuer vu le nombre d’élus composant le conseil communal de la commune. Je dois donc trouver les adresses de ces personnes et leur rendre visite.
J’explique la chose avec mon hôtesse, cette chère Madame Brux. Celle-ci m’explique qu’au bout de leur jardin donnant sur la rue du Pasteur noir habite un conseiller communal socialiste, monsieur Anselme Divers. L’épouse de ce monsieur étant elle-même institutrice maternelle au siège scolaire du Trieu. Je me rends donc chez ce conseiller communal. Monsieur Divers me propose de revenir le lendemain à 19h car il doit participer à une réunion du groupe socialiste. Il me propose de l’accompagner pour me présenter à ses collègues.
Ce qui fut dit fut fait. Le lendemain, nous gagnons la Maison du Peuple de Courcelles-Centre qui s’élève à l’époque à l’angle de la rue Carnières (devenue aujourd’hui rue du Roi Baudouin) et de la rue du Temple. D’un seul coup, je rencontre les 7 élus composant le groupe socialiste.
Toutefois, le conseil communal comprend 15 membres. Il me reste à effectuer mes visites aux membres du groupe détenant le mayorat. Ce groupe comprend des dissidents socialistes et des élus membres du Parti catholique et du Parti libéral. En avant donc, mon avenir en dépend. La plupart de ces élus habitent pour la plupart en plein centre de la localité. Cela me facilite mon entreprise. Ce groupe composite comprend lui aussi 7 membres.
7 d’un côté, 7 de l’autre. Je ne suis toujours pas certain de pouvoir obtenir une majorité en ma faveur. Il me manque un élu qui est en même temps député au Parlement belge, le communiste Monsieur Georges Glineur. Je rencontre toutefois son épouse qui m’assure qu’elle fera part de ma visite à son époux.
Le mandataire occupe une place importante au sein de l’assemblée communale, c’est lui qui fait pencher la balance en fonction de ses positions. Monsieur Glineur avait d’ailleurs été approché par les deux autres groupes qui lui avaient offert la place de bourgmestre. Il refusa les deux propositions qui lui furent faites. La position qu’il défendait faisait pencher la balance en faveur de l’un ou de l’autres groupe. L’avenir nous apprendra que l’attitude qu’il défendit durant la mandature de 1958 à 1964 fut appréciée par la population courcelloise qui conforta à l’avenir son groupe politique. Nous aurons l’occasion d’y venir.
La guerre était terminée depuis une bonne dizaine d’années et le nombre de naissances ne cessait de croître. Nous étions donc dans une période favorable à l’engagement d’instituteurs. Les autorités communales nommaient le plus rapidement possible à titre définitif les jeunes instituteurs qu’ils avaient engagés. Un beau jour, j’appris ma nomination à titre définitif sans en avoir été averti : le 11 mars 1963. Je suis nommé définitivement en compagnie de deux autres instituteurs messieurs Victor Hamaide et Jean-Marie Eeckhout.
Robert Tangre