Lundi 1er septembre 1962, le grand jour est arrivé. Mon lever est matinal car il me faut prendre le train pour me rendre à Courcelles. Mon premier train est à 6h45. Je dois changer à Mariembourg. Il faut alors attendre la correspondance du train venant de Charleroi. Quelques minutes plus tard après son démarrage, ce dernier train s’arrête à la gare de Roux. Là, je n’ai aucun autre moyen de locomotion pour me rendre à l’école du Trieu des Agneaux où doivent m’attendre mes deux collègues. Le trajet à pied est d’environ 50 minutes et j’arrive presque à l’heure du début des cours.

Monsieur Capron agite la cloche sonne. Mes enfants se rangent par deux. Pour cette année qui débute, ma classe qui est composé de 16 garçons de première année et de 16 autres pour la deuxième année. Je commence donc pas avec une classe de 32 élèves. Ce sera très souvent le cas durant les années de cours que j’ai données dans l’école du Trieux des agneaux.
Le soir venu, je devais faire le chemin inverse pour me retrouver dans notre maison familiale à Vierves sur Viroin: parcours à pied suivi de divers changements de trains.
Après quelques jours passés à ce rythme, mon instituteur en chef, monsieur Capron me propose de me conduire visiter une maison qui serait susceptible de pouvoir m’accueillir en tant que pensionnaire. Il va de soi que j’apprécie sa proposition. Nous nous rendons alors avenue Dewiest, dans une très grosse propriété que la population avait l’habitude de surnommer « château ». De telles grosses maisons étaient souvent appelées maisons de maître. Je peux vous accueillir me déclare la propriétaire du lieu, madame Brux. Cette dernière me dit qu’elle dispose d’une chambre libre à l’étage et que si cela me convenait, je pouvais en disposer très rapidement. Fait tout à fait remarquable : j’étais accueilli dans une pension de famille pour dames âgées. Nous serons assis à table une petite dizaine pour prendre le repas. Je garde de ces années 1962 -1963 puis encore 1964 -1965 un excellent souvenir. Le jeune homme que je suis devenu le grand gâté de toute ces vieilles dames. À tout moment, je m’entends appelé : « Vous allez bien Monsieur Robert ? Vous n’avez plus faim, Monsieur Robert ? … »La nourriture est de bonne qualité et correspond totalement à mes attentes. Ma chambre devient mon bureau de travail pour réaliser mes activités d’après les cours.
Robert Tangre
À suivre