
La récente annonce de la triche des Norvégiens aux championnats du monde de saut à skis nous rappelle d’autres histoires de triche dans l’histoire du sport. Des plus ambitieux aux moins discrets en passant par les plus insolites, retour sur 7 cas de tricherie vécus dans le monde sportif.
L’escrimeur vainqueur sans même toucher son adversaire
Nous commençons en 1976 aux Jeux Olympiques de Montréal, l’équipe soviétique d’URSS compte sur son capitaine Boris Onishchenko pour l’amener à la victoire en pentathlon moderne. Le lieutenant-colonel de la KGB est à l’époque triple champion du monde et est un atout majeur à la victoire finale.
Après la première étape, l’équipe soviétique trône à la 4e place du classement et s’apprête à commencer l’épreuve d’escrime. Spécialiste de l’épreuve, l’athlète Ukrainien remporte le match facilement face au capitaine Britannique, Jim Fox. Cependant celui-ci se plaint de ne pas avoir été touché une seule fois durant le combat. Une situation impossible en cas de victoire du capitaine soviétique. Jim Fox est formel, il n’a pas été touché.
Le matériel de Boris Onishchenko est alors analysé et la supercherie éclate aux yeux de tous. En effet, celui-ci avait relié tout un dispositif permettant de faire allumer la table de marque au moyen d’un interrupteur. Ce manque de discrétion coûtera cher, l’équipe soviétique est éliminée dans la foulée et c’est d’autant plus surprenant qu’il était le grand favori de l’épreuve de l’épée. À moins qu’il ne se soit forgé cette réputation en trichant.
Le gardien qui rétrécit son but
Kim Christensen, alors gardien de l’IFK Göteborg, pensait avoir trouvé la recette pour encaisser moins de buts lors d’un match de championnat suédois en 2009. Une recette qu’on ne retrouve pas dans les livres de football.
En effet, le Danois prenait un malin plaisir à déplacer ses poteaux de buts pour réduire la taille de son but. Le faire dans la cour de récréation est une chose, le faire dans un match officiel devant les caméras de télévision en est une autre et Kim Christensen l’a appris à ses dépens.
Démasquée par ses adversaires pendant le match, son imposture est confirmée par les images après la rencontre. Dos au mur, le gardien n’a rien trouvé mieux que d’affirmer que ce n’était pas la première fois. Chanceux, il n’a jamais été sanctionné car rien n’était inscrit dans le règlement mais bon… on a connu mieux comme défense de la part d’un gardien.
Les jumeaux sud-africains courant sous le même dossard
Nous voici en 1999, du côté de l’Afrique du Sud, le marathonien Sergio Moetsoneng décide de s’inscrire au Comrade Marathon d’une distance de 89 km. En difficulté financière, il décide de tenter le tout pour le tout avec son frère jumeau Fika pour engranger le cashprize.
Tout se passe bien et sa supercherie se met en place. Il s’arrange avec son frère jumeau Fika pour faire les changements de la manière la plus discrète possible en utilisant des toilettes publiques placées le long du parcours. Vestes et chaussures échangées, les jumeaux terminent la course à la 9e place dans l’indifférence la plus totale jusqu’à ce que des photos soient publiées dans le journal local.
Des lecteurs attentifs se sont rendu compte que Sergio et son frère ne s’étaient pas accordés pour mettre leur montre du même côté… Mise au courant de la supercherie, l’organisation déclassera la fratrie…
Le cyclisme, où quand le dopage mécanique traverse les époques
Dans un sport où les avancées technologiques n’ont cessé de se développer, beaucoup ont tenté de jouer aux limites pour engranger le moindre avantage possible. C’est le cas de Jean Robic lors du Tour de France 1953. Conscient qu’il irait plus vite en descente avec un vélo plus lourd, il invente avec son directeur sportif un problème mécanique à son guidon au sommet du Tourmalet.
Un arrêt « aux stands » qui permet au directeur sportif de filer des bidons remplis de plomb à son protégé. Lancé à pleine vitesse dans la descente, le coureur ne pensait pas éprouver des difficultés à manier son vélo. Mal lui en a pris, il sera déséquilibré par son harnachement de bidons de fortune et terminera sa course au sol. Bien que l’issue soit ratée, l’idée eut au moins le mérite d’exister pendant quelques virages.
Des virages que l’on retrouve souvent dans les épreuves de cyclo-cross aussi. En 2016, Femke Van den Driessche, jeune espoir belge de la discipline ne semblait pas certaine de ses capacités et a décidé de s’octroyer une petite aide. Un moteur situé dans le tube de la selle, actionnable via un ingénieux système Bluetooth installé dans le guidon permettait à la jeune belge de recevoir tout le soutien nécessaire dans les moments les plus difficiles.
Malheureusement pour elle, le petit moteur fut détecté à l’aide du nouveau test par résonance magnétique déployé cette année-là, par l’UCI. Elle se verra retirer tous ses titres du palmarès sauf un… celui d’être le premier cas prouvé de fraude technologique dans l’histoire du cyclisme.
Truquer le contrôle antidopage
Au fur et à mesure des années, les contrôles antidopage se font de plus en plus stricts. Notre représentant belge Michel Pollentier l’a appris à ses dépens. Vainqueur en haut de l’Alpe d’Huez, le cycliste belge réalise une performance remarquable et s’empare par la même occasion du maillot jaune sur le Tour de France 1978. Auréolé de son nouveau maillot, il ne reste plus que le contrôle antidopage pour Michel Pollentier. Censé être une formalité, ce contrôle a pris une tournure bien différente.
Le docteur chargé de l’examen, le Dr Calvez, s’est aperçu de la supercherie. En effet, le nouveau leader surprise du Tour avait profité de son passage à l’hôtel pour récupérer une poire remplie au préalable par l’urine propre de quelqu’un d’autre et d’un tuyau pour faire la liaison avec le contenant prévu par l’agence antidopage. Malheureusement pour lui, le Dr Calvez a vite trouvé cela louche et a retrouvé le tuyau dans le dos du coureur qui jura ne plus jamais revenir sur le Tour, lui, qui est rentré à la maison mort de honte et gêné au possible après la sortie du scandale. D’autres sportifs se sont essayés à tromper les contrôleurs antidopage et ont réussi à l’image de Mike Tyson qui a assumé se rendre avec un faux pénis relié à une poche d’urine propre à certains contrôles pour cacher sa dépendance à la cocaïne et la marijuana.
Une équipe tout sauf déficiente remporte les jeux paralympiques de basket
Pour terminer avec un sujet bien présent dans l’actualité, retour sur le sacre de l’équipe Espagnole de basket adapté aux JO de Sydney en 2000. Sur les douze joueurs présents, pas moins de dix ne présentaient aucun signe de handicap. Une supercherie dévoilée par le journaliste Carlos Ribagorda, infiltré dans l’équipe de basket dite des déficients mentaux. Sélectionné en 1999, celui-ci n’en croit pas ses yeux, aucun de ses coéquipiers ne présente un handicap mental. Un seul objectif derrière cette triste manière de faire : ramener l’or à la maison.
Après avoir écrasé le tournoi, de nombreuses photos de célébrations font le tour des médias et les premiers doutes apparaissent. De nombreuses personnes reconnaissent des connaissances sur les photos et se demandent comment celles-ci peuvent évoluer dans une équipe paralympique. Carlos Ribagorda publie alors son reportage où il dénonce le manque de contrôle pour évaluer les déficiences mentales et étale au grand jour la supercherie. Ce scandale qui n’avait que l’appât du gain comme moteur, a valu aux sportifs déficients mentaux d’être exclus des deux paralympiades suivantes.