Le camp du Sart-Saint-Nicolas

 La rue du Sart-Saint-Nicolas est un des lieux les plus anciennement peuplés de Marcinelle. Cet endroit existait déjà lors de la création de le « villa nova » des Haies au XII -ème siècle et le fait que l’essartage (défrichement) ait été placé sous la protection de Saint Nicolas pourrait en faire remonter l’origine au IX -ème ou X -ème siècle. Aucune recherche archéologique n’y avait jamais été effectuée. Dès la fin du XVIII -ème siècle et peut-être même avant , des veines de terre houille y étaient exploitées. Il faut noter que le quartier se trouve à mi-chemin des charbonnages de la Patte (bas de la rue de la Bruyère près de l’IPSMA) et Saint Ernest (coin des rues de la Gare et de Nalinnes). Plus tard, ces exploitations de surface, faisant partie de la concession du Cazier furent abandonnées. Dès lors, Le Sart-Saint-Nicolas retourna à sa primitive destination : l’agriculture.

L’exploitation du charbonnage du Cazier obligea cependant la société qui ne disposait que d’une bande de terre relativement longue mais étroite pour y loger les stériles, à acquérir des terrains situés au-delà de la rue de la Gare pour y conduire les déchets et ainsi y édifier un nouveau terril. Celui-ci s’allongea jusqu’à atteindre le bas des champs s’étendant au nord du hameau. Restait libre un terrain de forme triangulaire, coincé  entre le terril, la rue Saint-Nicolas , à l’époque assez large sentier mais peu carrossable et l’arrière des maisons de la rue de Nalinnes.

Cet endroit fut aménagé par les troupes américaines dès la mi-septembre 1944. Y furent édifiées des magasins et des baraquements pour la troupe qui les gardait , une compagnie dépendant d’une grande unité du génie. Le matériel qui y était entreposé comptait principalement du matériel de transmission, des appareils et câbles. Une dalle de béton supportait une baraque de tôle ondulée de forme demi-cylindrique formée de tôles préformées, rivées sur place. Un éclairage minimum était fourni par des ouvertures grillagées aux deux bouts. Ces constructions avaient l’avantage d’être montées rapidement par une équipe peu nombreuse. Pour les deux pignons, des ouvertures avaient été aménagées facilement édifiées avec des matériaux locaux. Chez nous, ce fut tout naturellement en briques. Des ouvriers recrutés sur place furent occupés à cette fin. L’énergie électrique fut d’abord fournie par un groupe électrogène fonctionnant au kérozène puis par le raccordement au réseau communal. L’eau était amenée aux baraquements de la troupe par une conduite provisoire branchée sur les tuyaux de la distribution d’eau. Plus tard, cette tuyauterie fut enlevée et le raccordement fermé.

Logements des mineurs italiens en 1946 au Sart-Saint-Nicolas à Marcinelle (Photo prise par Achille Nicolas)

Lors de l’occupation des baraquements par les premiers immigrés, ceux-ci devaient se fournir en eau en louant une clé de borne-fontaine. Celle-ci était située au coin de la rue de Nalinnes. Ces baraquements étaient chauffés par un poêle situé au centre de la pièce unique. La forme semi-cylindrique était calculée pour résister efficacement au poids de la neige. L’inventeur de ces baraquements Sven Quonset était américain d’origine scandinave, ingénieur au ministère de l’armement US. Les tôles arrivaient dans les « Liberty ships » par chargements entiers. Le ciment pour la fabrication des semelles de béton sur lesquelles les huttes se posaient, venait lui aussi de States.

Le camp de Sart-Saint-Nicolas comportait 37 de ces constructions dont sept le long de la rue du Sart-Saint-Nicolas au nord de celle-ci. Il s’agissait là, des baraquements de la troupe. Un autre baraquement dans le camp lui-même servait de corps de garde au peloton chargé de surveiller les installations.

Intérieur italien à Marcinelle

A partir de 1946, des ouvriers mineurs furent logés dans les baraquements délaissés par les Américains. Après quelques   réparations sommaires comme des travaux d’éclairage ou le remplacement de poêles, l’installation de pièces de mobilier sommaire : bat-flancs pour la literie car la forme des baraquements rendait difficile le placement de lits superposés, table et bancs. Par la suite, le charbonnage fournit aussi des armoires vestiaires de tôle provenant d’installations militaires allemandes ou rexistes.

A suivre : Le camp des Baltes

Laisser un commentaire