Les mines de fer (suite)

Le logement

A Morville entre Anthée et Rosée, un groupe considérable de sub structures belgo-romaines en été identifiées comme les vestiges de 13 ateliers métallurgiques autour desquels s’élevaient de nombreuses huttes sur une aire de 800 m de longueur et 200 m de largeur. Comme l’attestent les nombreux fonds de cabanes découverts, ces chétives demeures étaient construites avec des planches et des branchages. Le toit était recouvert de chaume.

Or, comme le confirme le professeur Claude Sterck de l’ULB, l’habitation des populations du Moyen-Âge n’était pas tellement différente de celle des Gaulois. Plus tard, quelques paysans construiront en dur à l’aide de pierres plus ou moins équarries qui provenaient des ruines d’anciens château fort, de remparts ou même de vestiges de villas gallo- romaines.

Il y a plus d’un siècle, des remises et annexes d’habitations de la rue Hoyas et de la rue de la Tombe à Marcinelle furent encore construites avec des pierres de cette dernière provenance.

Non loin du Ry de Fromont à Montbliart, une petite maison construite dans le même style existait encore pendant la guerre. Elle était encore recouverte d’un toit de chaume. Elle fut abattue en 1948. Elle était habitée par Napoléon Massart, arracheur de dents de son métier.

Le mobilier était pauvre. Un coffre fait de planches brutes contenait les hardes de la famille. Ce coffre servait de table. La vaisselle, composée de cruches, écuelles et marmites à bouillir était en terre noircie par la cuisson en réduction. La poterie vernissée ne devint plus commune que vers le 16e siècle. Les premières faïenceries apparurent vers le 15e siècle mais dans les strates des sites médiévaux comme à Marcinelle ou à Bouffioulx, aucune trace d’utilisation de la faïence ne fut découverte. Le paysan mineur n’en avait donc point.

La literie

Quand on ne dormait pas, directement sur le sol, le lit se composait d’un large plancher de bois utilisé par toute la famille, souvent parents et enfants pêle-mêle. Sur ce plancher ou directement par terre, en étalait une couche de paille, de feuilles séchées ou de fougères qu’on recouvrait d’une grosse toile de. lin. On peut voir ce genre de lit au musée de Varna en Bulgarie.

L’éclairage

Dans les fouilles effectuées à Bouffioulx, le CHAM trouva une lampe à l’huile en fer. Cette lampe qu’on appelle « crasset » était tout ce qu’il y avait de mieux pour s’éclairer. Ce « crasset » servait d’ailleurs aussi pour l’éclairage des galeries de mine.

Le chauffage

Parmi les ouvriers, rare était celui qui avait un poêle en fer ou en fonte. Par les grands froids, on allumait un feu de bois dans la cheminée ouverte. La chaleur ne se répandait pas dans la masure qu’avec parcimonie. L’essentiel de celle-ci s’engouffrait et se perdait dans la cheminée vers le dehors. Voilà ce qu’était le logement avec ses commodités à l’époque.

À propos du pauvre logis des paysans et des mineurs au Moyen-Âge, Florent Ruelle de Frameries signal dans son histoire que, sur le versant sud de la Haine, on rencontrait encore en 1926, des villages aux demeures recouvertes de toits de chaume

Roger Nicolas

À suivre

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