
Des entreprises, notamment des grands fabricants d’armements et des géants de la technologie, soutiennent la « campagne génocidaire » menée par Israël dans l’enclave occupée, souligne un rapport rédigé par l’avocate italienne spécialisée en droits humains Francesca Albanese.
L’avocate italienne spécialisée en droits humains et rapporteuse de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a cité plus de 60 entreprises, parmi lesquelles de grands fabricants d’armement et des sociétés technologiques, dans un rapport publié dénonçant leur implication dans le soutien aux colonies israéliennes et aux opérations militaires à Gaza, qu’elle qualifie de « campagne génocidaire ». Le rapport examine « la machine économique des entreprises qui soutiennent le projet colonial israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens dans les territoires occupés ».
Ces entreprises, notamment des grands fabricants d’armements et des géants de la technologie, soutiendraient la « campagne génocidaire » menée par Israël dans la bande occupée. Le rapport appelle les entreprises citées à cesser leurs échanges avec Israël, et réclame une responsabilité juridique pour les dirigeants impliqués dans les violations présumées du droit international.
Le rapport, rédigé à partir de plus de 200 contributions provenant d’États, de défenseurs des droits humains, d’entreprises et d’universitaires, vient compléter la base de données de l’ONU sur les entreprises liées aux colonies israéliennes, mis à jour la dernière fois en juin 2023. Il sera présenté jeudi au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, d’où Israël et les États-Unis s’étaient retiré plus tôt cette année dénonçant un parti pris flagrant à l’encontre de l’État hébreu.
Des « liens financiers avec l’apartheid et le militarisme israélien »
« Alors que la vie à Gaza est littéralement anéantie et que la Cisjordanie subit des attaques toujours plus violentes, ce rapport montre pourquoi le génocide en cours se poursuit : parce qu’il est rentable pour beaucoup », écrit Albanese dans ce document de 27 pages. Elle accuse les entreprises concernées d’être « financièrement liées à l’apartheid et au militarisme israéliens ». Dans ce document, les entreprises sont classées par secteur, dont l’industrie militaire ou technologique (il n’est toutefois pas toujours clair si elles sont liées aux colonies israéliennes ou à la guerre de Gaza, NDLR.).
L’agence Reuters précise « qu’environ 15 entreprises ont répondu au bureau d’Albanese », mais que leurs réponses n’ont pas été publiées.Dans le secteur de l’armement, les entreprises Lockheed Martin et Leonardo auraient joué un rôle dans la fourniture d’armes qui ont été utilisées à Gaza. D’autres fournisseurs de machines lourdes dont Caterpillar Inc et HD Hyundai sont également accusés de « contribuer à la destruction de propriétés dans les territoires palestiniens ». Caterpillar a déjà déclaré qu’elle s’attendait à ce que ses produits soient utilisés conformément au droit international humanitaire. Aucune des entreprises citées n’a immédiatement répondu aux sollicitations des journalistes.
Des géants de la technologie comme Alphabet, Amazon, Microsoft et IBM sont également nommés comme étant « au cœur de l’appareil de surveillance israélien et de la destruction en cours à Gaza ». Alphabet a déjà défendu son contrat de services cloud d’une valeur de 1,2 milliard de dollars avec le gouvernement israélien, affirmant qu’il ne visait pas des opérations militaires ou de renseignement. Palantir Technologies est également mentionnée pour avoir fourni des outils d’intelligence artificielle à l’armée israélienne, sans que les détails de leur usage ne soient précisés.
La mission israélienne à Genève a qualifié le rapport de « juridiquement infondé, diffamatoire et constituant un abus manifeste de sa fonction ». Les bureaux du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères israéliens n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
Source : L’ORIENT LE JOUR
https://www.lorientlejour.com/artic…Saisir