
Le massacre de Distomo (grec moderne : Η σφαγή τού Διστόμου ; allemand : Massaker von Distomo ou Distomo-Massaker) est un crime de guerre nazi perpétré par des membres de la Waffen-SS dans le village de Dístomo dans les derniers mois de l’occupation de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le 10 juin 1944, pendant plus de deux heures, les troupes Waffen-SS de la 4e division SS Polizei Panzergrenadier, sous le commandement du SS-Hauptsturmführer Fritz Lautenbach, firent du porte-à-porte pour massacrer des civils grecs, afin de venger une attaque partisane. Un total de 218 hommes, femmes et enfants furent tués. Selon les survivants, les forces SS ont tué les bébés à coups de baïonnette dans leurs berceaux, poignardé les femmes enceintes et décapité le prêtre du village.
Après le massacre, un agent de la Geheime Feldpolizei qui accompagnait les forces allemandes informa les autorités que, contrairement aux allégations du rapport officiel de Lautenbach, les troupes allemandes avaient été attaquées à plusieurs kilomètres de Distomo et n’avaient pas subi de tir « de mortiers, de mitrailleuses ou de fusils depuis Distomo ». Une enquête fut ouverte. Lautenbach admit qu’il avait outrepassé les ordres, mais le tribunal se prononça en sa faveur, au motif qu’il avait été guidé, non par la négligence ou l’ignorance, mais par un sens des responsabilités envers ses hommes.
Karl Schümers (1905 – 1944) est un dirigeant de haut rang dans les Waffen-SS et la police Ordnungspolizei du régime nazi. Il commande la 4e SS Polizei Panzergrenadier Division en juillet – août 1944 et est impliqué dans de nombreuses atrocités majeures commises en Grèce en 1944, notamment à Kleisoura, Pyrgol, Distomo, Ipati, Sperchiáda. Le 16 août 1944, il a été tué par une mine heurtée par sa voiture à Arta (Nord-ouest de la Grèce).
Plus de 70 ans après, les habitants de Distomo attendent toujours réparation de l’Allemagne [1],[2].
En 1997, la justice grecque condamne l’Allemagne à verser 28,6 millions d’euros aux familles des victimes
Extrait de Wikipédia
Sa voix est calme mais amère, ses yeux brillent. « Ma mère a été blessée, ses parents et son petit frère ont aussi été exécutés par un autre soldat« , poursuit l’octogénaire, assis dans le minuscule salon de la maison où le crime a eu lieu il y a près de 71 ans.
Un quart de la population de Distomo, 218 personnes dont une cinquantaine d’enfants de moins de 14 ans, « ont été éventrés, déchiquetés« , raconte le vice-maire Loukas Zissis, 54 ans, dont le grand-père et l’oncle ont été tués.
Des scènes qui continuent de hanter ce village niché entre les montagnes du centre de la Grèce, à 200 km d’Athènes, lieu stratégique alors de la résistance grecque contre les nazis.
« Un crime contre l’humanité« , estime M. Zissis, perpétré par la division Edelweiss des Waffen SS sous les commandements de Fritz Lautenbach et de Hans Zampel. Le premier n’a jamais été arrêté et le second a été acquitté après avoir été extradé par la Grèce en Allemagne.
« Obligation morale«
Distomo est devenu le symbole des atrocités commises par les nazis qui quittaient alors la Grèce après quatre ans d’occupation, au lendemain du débarquement des alliés en Normandie, marquant la fin de la Seconde guerre mondiale.
Le même jour, dans le village d’Oradour-sur-Glane, dans le centre de la France, d’autres soldats nazis ont massacré 642 personnes. Depuis les deux villes sont jumelées.
« On a raconté ou écrit tout ça mille fois, on n’attend rien maintenant« , se résigne Loukas Sehremelis, qui est parmi les 280 habitants de Distomo réclamant des indemnités en vertu d’une décision de la justice grecque en 1997 condamnant l’Allemagne à leur verser 28,6 millions d’euros.
Mais ce jugement reste lettre morte car son application nécessite la signature du ministre grec de la Justice et jusqu’ici aucun ne s’y est risqué.
« Je suis désespéré et agacé, nous nous sentons déçus car les gouvernements grecs se sont servis de Distomo comme d’argument politique, ils n’ont rien fait pour faire avancer le dossier« , lance Yorgos Balagouras, 54 ans, dont les grands parents et l’oncle ont péri dans le massacre.
« Qu’est-ce qu’on peut nous donner après toutes ces années? Ce qui est important c’est de ne plus jamais avoir de telles barbaries« , estime Loukas Sehremelis.
Mais pour Angelos Kastritis, 80 ans, dont les grands-parents et la mère font partie des victimes, il faut que « les Allemands paient, c’est une obligation morale (…) il faut que la génération actuelle en Allemagne apprenne ce que leurs grands-pères ont fait« .
« l’affaire est close«
Il a foi dans le nouveau gouvernement de gauche radicale d’Alexis Tsipras, qui a remis la question des indemnisations sur la table, faisant « tout ce que les autres gouvernements grecs n’ont pas fait dans le passé« .
A ce jour, l’Allemagne n’a pas payé son dû.
Extrait AFP