
Dans notre dernier bulletin Nouvelles, nous avons publié le drame qui s’est déroulé à Lidice en Tchécoslovaquie. Des massacres semblables furent perpétrés par les troupes fanatisées nazies dans de nombreux pays qu’ils occupaient. Nous commençons dans le présent numéro par notre pays, la Belgique et nous publions les crimes affreux commis dans la commune de Bande en province de Luxembourg.
Le massacre de Bande est un crime de guerre perpétré le 24 décembre 1944, par les troupes allemandes pendant la bataille des Ardennes, dans le village de Bande, en Belgique. Ce jour-là, et le suivant pour deux d’entre eux, 34 jeunes hommes, originaires de Bande ou des environs, furent exécutés par des soldats allemands ou des collaborateurs, en représailles à des actions de la résistance belge. Un seul d’entre eux, Léon Praile, réussit à s’échapper et à témoigner du massacre. Un mémorial a été érigé sur les lieux du drame et les victimes ont été reconnues comme des martyrs de la patrie.
Actions du maquis de Bande en 1944
Différentes opérations menées par les maquisards dans la région de Bande en 1944 ont nourri le courroux des Allemands. Tout d’abord, en juin 1944, lorsqu’un collabo est abattu par la résistance belge. Suspecté, le secrétaire communal est arrêté et menacé d’être passé par les armes mais il parvient à s’échapper. Le 6 juillet 1944, les communications téléphoniques entre Marche-en-Famenne et Champlon sont interrompues en raison du sabotage des lignes. Le Kreiskommandant (chef de district) oblige alors 30 civils à veiller, la nuit, sur les câbles téléphoniques et à fournir à la Feldgendarmerie de Marche cinq bicyclettes et deux radios[3]. En septembre 1944, une semaine avant la libération, un groupe de résistants installe un maquis dans le bois de Bande. Le 5 septembre 1944, ils attaquent des Allemands et tuent trois officiers. En représailles, les Allemands jettent des grenades incendiaires et détruisent 35 maisons situées de part et d’autre de la route nationale 4 reliant Marche et la Barrière de Champlon. Un civil tentant de fuir par l’arrière de son habitation est abattu. Quelques jours avant la libération, certains habitants font flotter le drapeau belge sur leur façade achevant d’irriter les Allemands proches de décrocher face à l’avance alliée. Le village est libéré le 8 septembre 1944
.
L’offensive von Rundstedt et ses représailles
Le 22 décembre 1944, lors de la contre-offensive von Rundstedt, les troupes allemandes occupent à nouveau le village. Le lendemain, durant la nuit, une unité spéciale du Sicherheitsdienst composée de 25 à 30 hommes s’installe, à distance de la Wehrmacht qui occupait les hauteurs, le long de la nationale 4 en contre-bas dans des habitations détruites. Le Kommando est dirigé par le major Franz Lang qui est l’ancien chef de la Feldgendarmerie de Marche-en-Famenne. Ses subordonnés sont Krüger, Knöder, Scharlak et Suhr. Ce Kommando de représailles a été constitué à Cochem qu’il quitte le 17 décembre pour faire route vers la Belgique avec pour mission d’exécuter 30 civils à Bande pour venger la mort des trois officiers allemands. Ce groupe est très hétéroclite, il est composé de SS allemands, français et wallons ainsi que d’un repris de justice suisse alémanique notoire, Ernst Haldiman. Ce groupe se revendiquait être un standgericht (tribunal de campagne) directement placé sous l’autorité d’Heinrich Himmler.
Le 24 décembre 1944
Le 24 décembre 1944 au matin, le Kommando procède à des arrestations arbitraires de civils. Une septantaine d’hommes sont ainsi conduits à la scierie détruite Rulkin-Tasiaux pour y être interrogés. Les Allemands veulent obtenir des informations à propos des résistants qui ont assassiné les trois officiers. Durant leur interrogatoire qui dure jusqu’à la nuit tombée, ils reçoivent des coups de canne de bambou. En fin d’après-midi, ils libèrent les détenus les plus âgés. Reste alors un groupe de 33 prisonniers âgés de 17 à 32 ans[7]. Les prisonniers sont alors conduits, mains en l’air, non loin de là. On les place sur trois rangées devant le Café de la Poste. Ensuite, un à un, ils sont conduits, à proximité, dans une maison détruite où ils sont abattus d’une balle dans la nuque avant que leur corps ne s’affale dans la cave rendue béante par l’incendie. Lorsque le tour de Léon Praile, alors âgé de 21 ans, arrive, ce dernier se rue sur le garde allemand et lui décoche un coup de poing au visage avant de se mettre à courir. Il traverse la chaussée, des coups de feu retentissent mais le manquent, il parvient ainsi à regagner la forêt enneigée. Ce sera l’unique survivant du massacre. Plus tard, il revint vers le village où il se cache jusqu’au 10 janvier dans le fenil de son oncle, le bourgmestre de Bande. Le lendemain de l’exécution, le 25 décembre, deux jeunes gens de Roy sont arrêtés et conduits à la maison Bertrand. Ils connaîtront le même destin tragique que les 32 autres civils abattus la veille au même endroit.
A suivre
Extrait de Wikipédia.