
Le 10 juin 1942, les nazis emmenèrent les femmes de Lidice et les enfants dans la salle de gymnastique du lycée de Kladno. Ils ont passé trois nuits et deux journées sur un plancher nu avec quelques brassées de paille. Le troisième jour seulement, les femmes ont pu laver leurs enfants. Toutefois, ce fut la dernière journée qu’ils passèrent ensemble…
« Vous allez séjourner pendant un certain temps dans un camp de travail. Vous, les femmes, vous ferez le voyage en train et vos enfants iront vous rejoindre en autocar ». C’est ce que leur ont annoncé les policiers de la Gestapo. Ils ont ensuite lu une liste de noms. Chaque enfant devait rapidement faire ses adieux à sa mère et il était emmené dans une autre pièce.
Après la guerre, Ruzena Petrakova: évoqua ses souvenirs tragiques. «Le plus jeune de mes enfants n’avait que 10 ans et il ne voulait pas me quitter. Des agents de la Gestapo me l’arrachèrent des bras et le jetèrent contre le mur. Tous se mirent à crier et les hommes de la Gestapo tirèrent des coups de pistolet au plafond. C’était un avertissement. Ils emmenèrent les enfants et firent l’appel des femmes et ils nous transportèrent à la gare. De là, on nous envoya au camp de concentration de Ravensbrück. Ce jour-là, je vis mes enfants pour la dernière fois. Pendant tout le temps de mon emprisonnement à Ravensbrück je croyais que mes enfants étaient vivants et que j’aurais la possibilité de les revoir après la Libération de la Tchécoslovaquie. Lorsque je suis revenue à la maison, j’ai trouvé la tombe de mon mari mais aucune trace de mes enfants ».
Cent quatre enfants de Lidice ont connu la cruauté du nazisme. Nonante-et-un enfants de plus d’un furent emmenés de Lidice. Sur ce chiffre, quatre-vingt-deux furent assassinés. Sept autres enfants de moins d’un an subirent le même sort.
En 1946, le ministère de l’Intérieur de Tchécoslovaquie établit la liste de 890 enfants que les nazis avaient enlevé à leurs parents pendant l’Occupation. On ne put disposer d’aucune information sur le sort qu’ils avaient subi. On comprenait parmi eux les enfants de Lidice.
La trace de tous les enfants se terminent à Lodz. Il semble vraisemblable que les enfants furent transportés dans le camp de concentration de Gnieseau.
D’autres enfants furent placés dans des familles des colonisateurs allemands de cette région en Silésie. Certains enfants furent donnés à titre privé à certaines personnes. Les demandes de ces familles furent satisfaites à condition que les enfante apprennent un métier et que la personne à laquelle il a été confié les éduque comme un enfant allemand. La personne chargée de son éducation devait signer un acte d’après lequel elle prenait l’engagement de ne jamais rendre l’enfant à sa mère. Il devait donc être germanisé.
Jusqu’en mai 1946 après des recherches intensives, les services du ministère de l’Intérieur tchécoslovaque retrouvèrent 15 enfants. En ce qui concerne tous les autres ils ne vivaient plus comme le laissa supposer le résultat des recherches. Ils avaient été exterminés quelque part.
Chacun de ces enfants avaient vécu drame.
Extrait du livre de Lidice de Ivan Ciganek