Dans les supermarchés, les produits en promotion nuisent gravement à la santé

Sept associations écolos, de consommateurs et de santé ont lancé le mercredi 21 mai une pétition ciblant la grande distribution et ses promotions agressives qui poussent les consommateurs à acheter des produits transformés mauvais pour la santé, mais aussi pour le climat et le revenu des agriculteurs.

Les super aliments bons pour ma santé.

Des étiquettes rouge flash, des prix cassés ou des « un acheté le second offert »… La grande distribution sait jouer des multiples formes de promotion pour attirer l’œil des clients et vider leurs porte-monnaie. Mais là ne s’arrêtent pas les méfaits pour les consommateurs.

Selon une étude rendue publique ce mercredi matin par sept associations environnementales, de santé ou de consommateurs 1, les ristournes proposées par Carrefour, Coopérative U, les magasins E. Leclerc, Intermarché et Lidl, ne font vraiment pas de bien à la santé de ceux qui se laissent prendre.

Près de 5 000 promos étudiées

Issues de 40 catalogues promotionnels émis de février à mars par ces 5 principales enseignes de la grande distribution, les 4 726 réductions scrutées par les associations ont été comparées aux préconisations nutritionnelles élaborées par le Programme national nutrition santé.

Résultat : les deux tiers des produits vont à l’encontre de ses recommandations. Ultra-emballés, ultra-marketés, ce sont des produits trop gras, trop sucrés, trop salés, comme les boissons sucrées, la charcuterie ou les biscuits et gâteaux industriels.

Les associations rappellent que chaque année en France, 28 000 décès seraient imputés à une consommation excessive de viande rouge et de produits laitiers. Plus globalement, 57 000 décès seraient à mettre en lien avec une mauvaise alimentation, notamment une consommation trop faible d’aliments d’origine végétale (fruits et légumes, légumineuses, fruits à coque, produits céréaliers complets).

« 50 % de promotions sur des produits de qualité »

Ces organisations lancent donc une pétition dans laquelle elles exigent « que la grande distribution garantisse au moins 50 % de promotions sur des produits de qualité, à des prix accessibles ». Soit des produits contenant des « fruits et légumes, légumes secs, fruits à coque non-salés, céréales complètes, huiles de colza, de noix et d’olive- ainsi que la part des produits biologiques (hors ultra-transformation) pour que ces derniers représentent au moins 10 % de l’ensemble des produits en promotion. »

Benoit Granier, responsable alimentation du Réseau action climat, insiste d’ailleurs sur ce dernier élément : 95 % des produits en promotion ne sont pas bio et ne correspondent pas à une alimentation durable. Or, « la quasi-totalité des distributeurs français se sont engagés à diminuer leurs émissions » d’ici 2030, rappelle-t-il. Ces grandes chaînes doivent « diminuer leurs volumes de vente de produits d’origine animale, en particulier de viande », afin d’atteindre leurs objectifs en matière de décarbonation de l’alimentation, préconise l’ONG écologiste. Car l’alimentation représente 24 % de l’empreinte carbone de l’hexagone.

Dans le même temps, le rapport rappelle le contexte difficile pour les porte-monnaie des clients. Environ 16 % des Français déclarent ne pas manger à leur faim, trois fois plus de demandeurs d’aide alimentaire en 10 ans ou encore une forte inflation sur la période 2022-2023.

Pour faire évoluer le système vers un modèle plus vertueux, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat a été lancée en 2025.Le réseau Action Climat estime de son côté que « la transition alimentaire n’aura pas lieu sans les pouvoirs publics ».

Elie Polselli

Extrait de l’Humanité.

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