Les braves gens (suite)

1945 – 1946

Je continue le travail de conducteur de locomotive. Bien sûr, je gagne moins qu’un manœuvre de bouveau. Et les mois passent. Je me souviens à la fin de notre journée, je ramenais un train d’ouvriers et lorsque je rentrais le premier dans la chambre d’envoyage (ils avaient la première cage): alors, ils criaient : « C’est un bon machiniste, le Wallon! »

Et nous voilà arrivés au mois juillet avect les congés payés. Mes frères Joseph et Auguste qui travaillaient à Mariemont Bascoup, siège numéro 6 de Trazegnies m’avaient écrit que c’était un très bon charbonnage et que les chefs étaient respectueux de l’ouvrier. Ils n’étaient pas grossiers pour commander.

En juillet donc, ils sont venus à Bourg Léopold à vélo accompagnés de Denise Woiche, l’épouse de Joseph et de Denis, le frère de Denise.

Mais en relisant mes papiers, je constate que c’est au mois d’août qu’ils sont venus. Ils m’ont tellement raconté qu’ils étaient bien dans leur travail que mon épouse Josée et moi avons décidé revenir en Wallonie. Alors, j’ai marqué mes jours comme on le faisait pour donner son préavis. C’est ainsi que nous sommes revenus à Courcelles à la fin du mois d’août 1946.

. Nous avons habité chez Joseph et Denise en attendant de posséder une maison et j’ai commencé à travailler le 5 septembre 46. Je fus engagé comme ouvrier abatteur de charbon et tout de suite, nous avons économisé pour acheter une habitation.

Comme mes frères me l’avaient dit, on était bien au travail car là, dans ce charbonnage, on pouvait laisser sa chemisette et même un petit pull pour travailler car les travaux étaient bien aérés. Mes débuts furent durs. J’étais dans une taille de 80 cm d’ouverture et le toit était très mauvais. Heureusement, j’avais l’aide de mon frère Auguste.

Tout de suite, mon porion Jean-Baptiste Duquesne m’a conseillé d’aller à l’école industrielle de Morlanwelz. Nous avons hésité bon hésiter mais d’autres porions nous ont encouragés et c’est ainsi qu’avec mon frère Joseph, nous sommes entrés à l’école en septembre 1947 avec mon frère Joseph. Auguste, lui, n’a pas voulu disant qu’il avait déjà assez de travail avec sa famille nombreuse.

Début 1948, Joseph est surveillant. Nous avons réussi notre première d’école. Nous avons repris la deuxième année en septembre 1948 et au début de 1949 on m’a confié un poste de surveillant.

Fin juin, nous avons également réussi notre deuxième année. Nous fûmes bien récompensés : Joseph est nommé porion au mois de juillet et moi, à la fin d’août.

Le conducteur Armand Chapelle m’a conseillé de continuer l’école et en septembre, je me suis un inscrit en 3e année des cours de mine.


Au mois d’août 1949, je dois accepter de travailler au poste de nuit car à ce moment, le conducteur me dit de commencer au 3ème poste le 22 août 1949. Il m’annonce que je suis nommé porion avec rétroactivité au 1er août. Il me dit : « Vous pouvez revenir travailler avec moi. Je vous prêterai de l’argent car aujourd’hui vous n’aurez plus de salaire. Vous serez payé le 5 septembre. » Je lui dis que cela pouvait aller et que j’attendrais bien jusqu’au 5 du mois suivant. Alors il m’a félicité en me disant : « Vous êtes le premier surveillant nommé porion qui répond qu’il a assez d’argent. »


Au mois d’août, au troisième poste, je devais consolider les tailles, faire du remblayage, doubler la boiserie et quand le terrain était trop mauvais, nous faisions des piles avec de vieilles billes de chemin de fer. Cela me plaisait car nous avions beaucoup moins de poussière qu’à l’abattage du 1er poste.

A suivre

Jean, le mineur

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