Accord UE-Mercosur : « Il n’engage que la Commission, pas les États membres », assure une ministre française

Panique en vue ?

Après l’annonce de la finalisation de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur par la présidente de la Commission européenne, ce vendredi 6 décembre, la ministre déléguée au Commerce extérieur démissionnaire de la France a assuré que le texte n’était pas encore signé. « Ce qu’il se passe à Montevideo, […] c’est simplement la conclusion politique de la négociation », affirme ainsi Sophie Primas.

« Aujourd’hui n’est clairement pas la fin de l’histoire. » Quelques minutes après l’annonce, par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, de la finalisation de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, la ministre déléguée au Commerce extérieur démissionnaire de la France a tenté de se montrer rassurante. « Ce qu’il se passe à Montevideo n’est pas une signature de l’accord mais simplement la conclusion politique de la négociation. Celle-ci n’engage que la Commission, pas les États-membres », a ainsi affirmé Sophie Primas, ce vendredi 6 décembre.

Après 26 ans de négociations, l’accord annoncé est un véritable soufflet pour l’Élysée, qui avait réaffirmé sur le réseau social X, la veille, que ce projet était « inacceptable en l’état ». « Nous continuerons de défendre notre souveraineté agricole », martèlent les services du gouvernement.

Mais pour Ursula von der Leyen, présente au sommet des pays du Mercosur à Montevideo, cet accord est une véritable victoire pour l’Union européenne (UE) et ses États membres. « Nous envoyons un message clair et fort au monde entier […] Ce n’est pas seulement une opportunité économique, mais une nécessité politique », s’est-elle félicitée sur son compte X.

Des compensations pour les agriculteurs.

L’objectif étant de réduire les droits de douane des deux côtés de l’Atlantique, tout en permettant de drainer davantage d’investissements afin de « renforcer toute la chaîne de valeur », pour l’industrie, l’emploi et l’innovation. D’après la présidente de la Commission européenne, l’accord « permettra aux entreprises de l’UE d’économiser 4 milliards d’euros de droits d’exportation par an ».

À l’adresse des pays réfractaires, comme la France, la Pologne et l’Italie, Ursula von der Leyen a martelé que cet accord était « une réponse montrant que nous sommes unis sur la scène internationale ». Pas sûr que cela suffise à apaiser les tensions dans le monde agricole français, alors que les manifestations se multiplient ces dernières semaines pour protester contre cet accord de libre-échange perçu comme délétère pour les agriculteurs.

La présidente de la Commission européenne leur a promis des compensations ainsi qu’une meilleure homogénéisation des normes sanitaires entre les différents pays de l’accord. « Nos normes européennes en matière de santé et d’alimentation restent intouchables, insiste-t-elle. Les exportateurs du Mercosur devront se conformer strictement à ces normes pour accéder au marché de l’UE. »

Par Marianne avec AFP

Laisser un commentaire