Majorité communale à Mons : René, prédécesseur de Céline…

Depuis quelques jours, la décision de Nicolas Martin de faire entrer le PTB dans la coalition qui dirigera Mons durant les six prochaines années agite le landerneau politique. Mais à vrai dire, ce n’est pas la première fois que l’extrême-gauche fait partie de la majorité communale à l’hôtel de ville.

Echevin des finances de 1946 à 1952

Comme on l’a rappelé, les communistes ont été au collège des bourgmestre et échevins au lendemain du premier scrutin de l’après-guerre, en 1946. A l’époque, Victor Maistriau, bourgmestre libéral, avait fait entrer pour la première fois le PSB (ancêtre du Parti Socialiste) dans la majorité.

Mais le « cartel des gauches » (terme qui désignait à l’époque une coalition libérale-socialiste) n’était pas seul. Il y avait un troisième larron, en la personne du Parti Communiste.

Son chef de file, René Noël, était ainsi devenu échevin des finances et des fêtes. Mais cette tripartite ne devait durer qu’une mandature : six ans plus tard, après les élections de 1952, son parti fut rejeté dans l’opposition.

L’UDP cartonne

Mais René Noël reviendra… Lorsqu’en 1971 sa commune de Cuesmes (dont il est devenu entretemps bourgmestre) est fusionnée avec Mons, il se présente aux élections du premier Grand Mons à la tête d’une liste baptisée « Union Démocratique et Progressiste » (UDP).

Formée de communistes, de chrétiens de gauche et d’indépendants, l’UDP cartonne en remportant 7 des 31 sièges du nouveau conseil communal.

Cette formation devient le deuxième parti montois, derrière le PSB (10 sièges) mais devant les Libéraux (6 sièges), le PSC (4), la dissidence libérale « Mons An 2000 » (3) et le Rassemblement wallon (1).

Mais sur recours des libéraux, les élections sont invalidées. Et le nouveau scrutin profite à l’UDP qui emporte 9 sièges. Il talonne ainsi le PSB resté à 10 sièges.

Une tripartite fort peu traditionnelle

A eux deux, ces partis ont la majorité absolue au conseil communal (19 sièges sur 31). Après le premier scrutin de 1971, certains avaient envisagé une tripartite traditionnelle (PSB-PLP-PSC) mais cela devait très vite coincer. Dans « La Province », on lisait « La campagne du leader PLP Gerhards a été tellement acerbe que M.Collard se refuse à toute collaboration avec ce pamphlétaire »…

Et le « Journal de Mons » renchérissait : « Sept ans d’opposition très rigide et une campagne électorale très dure de la part du leader PLP M.Gerhards rendaient cette formule difficilement acceptable pour un certain nombre de Socialistes. »

René Noël, le retour…

Revenons au second scrutin, qui consacre la victoire de René Noël et de ses troupes. Après bien des palabres, le PSC rejoint le PSB et l’UDP et apporte ses 5 sièges pour former une majorité écrasante de 24 sièges sur 31.

René Noël signe ainsi son grand retour à l’hôtel de ville de Mons. Il retrouve l’échevinat des finances et devient même premier échevin. Son parti reçoit deux autres échevinats.

Mais sous cette large et inédite majorité, la mandature 1971-1976 ne sera pas un long fleuve tranquille. Les finances sont en particulier une pomme de discorde.

Une lente dégringolade

Les élections de 1976 voient la naissance du second Grand Mons et le recul de l’UDP. René Noël et ses amis, qui n’ont plus que 7 sièges sur 45, sont débarqués du collège. PSB et PSC forment la nouvelle majorité.

Six ans plus tard, en 1982, l’UDPW (nouveau nom) chute à 2 sièges avant de disparaître du paysage politique montois en 1988.

Il faut attendre 2012 pour que l’extrême-gauche fasse son retour au conseil communal, avec l’élection de John Beugnies comme unique conseiller.

Aujourd’hui, le PTB, avec ses 4 élus, entre donc au Collège et Céline De Bruyn devient échevine du logement, de la jeunesse, de l’égalité des chances et de la petite enfance.

Benjamine du Collège, Céline De Bruyn n’a que trente ans. A sa naissance, René Noël était déjà mort depuis sept ans…

A propos de majorité absolue

On a aussi beaucoup parlé de la perte de la majorité absolue de la liste de Nicolas Martin. Rappelons que cette liste a obtenu 22 sièges.

Là aussi, l’histoire tempère la portée de l’événement. En 1976 déjà (premières élections du Grand Mons actuel), le PS était à 22 sièges et il s’est allié avec le PSC. En 1982, rebelote : 22 sièges et la reconduction de la coalition PS-PSC.

Mais le PS est même descendu à 20 sièges en 1994. Là aussi, il s’est allié avec le PSC. Cette année-là, il avait recueilli 18.693 voix. A comparer avec les 22.436 voix des élections du 13 octobre dernier…

Céline De Bruyn

Remarque de la rédaction de Nouvelles : Pourquoi l’éditrice de cet article a-t-elle besoin de recourir aux appellations désignant son parti comme parti d’extrême gauche ? Jamais le Parti communiste ne fut désigné comme parti d’extrême gauche. Pourquoi ne pas dire : gauche radicale ?

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