Les histoires de Roger (suite)

Les repas des riches

Des menus de festins du Moyen-Age sont parvenus jusqu’à nous. Le mensuel le Lien de février 1996 du Cercle d’Histoire de Marcinelle a publié les différents services du festin qui eut lieu le samedi 10 février 1482 en la bonne ville de Gand. Celui-ci fut offert par le marquis de Trazegnies à Maximilien d’Autriche, souverain du Saint-Empire germanique.

C’était de la fine cuisine, des mets succulentes où se croisaient les plats de chapons au vin et de prunes de Damas, des perdrix à la tri mouillette, des pieds de mouton à la sauge, des épaules de mouton rôti, de la hure de sanglier, du faisan rôti. Le tout agrémenté d’herbes les plus fines et de sauces préparées avec les meilleurs épices qui, à ce moment, étaient définitivement entrées dans les mœurs. Quoique venues en abondance en Occident avec les croisades, elles n’étaient que l’apanage des nobles et coûtait très cher. Le poivre se vendait toujours au prix de l’or d’où l’expression « c’est comme poivre » qu’on employait encore chez nous au début du siècle.

Toutes ces victuailles étaient accompagnées des meilleurs vins problème provenant des coteaux de la Haine. Ils étaient très prisés des rois de France ainsi d’ailleurs que les écrevisses du Piéton et du ry de Soleilmont.

Ce festin ainsi que ceux organisés en toute occasion comme les dîners des grandes chasses où étaient conviés la noblesse accompagnée et de leur cours. En 1310, un tel festin fut organisé à Gilly pour fêter le supplice et la mise à mort sur le bûcher de Jehenne***, une jeune femme accusée d’être sorcière et des pires maléfices. Y assistaient le maïeur, les échevins, le curé, les jurisperites* et les noblions** du lieu. Au cours de ces somptueuses ripailles, les seigneurs et toutes leurs suites se goinfraient dans une atmosphère de débauche et de grasses plaisanteries à la mode teutonne. Telle était la vie que menaient les féodaux et les nouveaux maîtres de la bourgeoisie naissante.

Les jurisperites* : hommes de loi
les noblions** : hommes qui n’ont que leur noblesse
Jehenne***, : nom de famille

Roger Nicolas

À suivre

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