Palestine, un retour impossible?

On n’en parle plus beaucoup, c’est pourtant l’origine et l’un des symboles les plus importants du problème entre Israël et la Palestine. En 1948, presque 800 000 Palestiniens ont été chassés ou ont fui leur terre. Pour les Palestiniens, c’est la « Nakba », la « catastrophe » en arabe. Aujourd’hui, 5,6 millions de réfugiés palestiniens et leurs descendants vivent à l’étranger. Ils réclament toujours le droit au retour sur leur terre. Les Israéliens ne veulent pas. Pourquoi ?

Le départ

En 1947, les représentants des pays de l’ONU votent la création d’un État arabe de Palestine et d’un État juif de Palestine, Israël. La terre de Palestine est partagée entre juifs et Arabes palestiniens. Mais le partage est inégal. En 1947, il y avait 33% de juifs sur 2 millions d’habitants en Palestine. Ils étaient propriétaires de 8% du territoire.  Le partage leur donne plus de la moitié du territoire. Les Arabes palestiniens et les pays arabes voisins ne peuvent pas l’accepter. C’est la guerre. Presque 800 000 Arabes palestiniens fuient ou sont chassés de leur terre. Les Arabes palestiniens appellent cela « la Nakba », « la catastrophe » en arabe. Cette catastrophe, c’est :

  • Environ 15 000 Palestiniens tués
  • Environ 500 villes et villages rasés et 700 villes et villages passés sous contrôle d’Israël
  •  Environ 17 000 km2 de terres palestiniennes confisquées
  • Près de 800 000 Palestiniens chassés de leurs terres

Le droit au retour

Ces réfugiés palestiniens et leurs descendants sont aujourd’hui plus de 5,6 millions. Ils vivent à l’étranger. Les Palestiniens veulent le droit au retour sur leurs terres. Les gouvernements israéliens l’ont toujours refusé. Il y a d’abord la menace du nombre. En Israël, il y a un peu plus de 7 millions de juifs sur 9,7 millions d’habitants. Si beaucoup de Palestiniens reviennent, ça peut bouleverser la société. Il y a aussi et peut-être surtout le symbole de la Nakba, de la catastrophe. Elle est inscrite dans l’histoire des Palestiniens, elle est inscrite aussi dans l’histoire d’Israël.

Un retour impossible?

Pour les Palestiniens, avoir le droit au retour, c’est avoir le droit d’exister comme peuple et être reconnu officiellement comme peuple. L’ONU reconnaît d’ailleurs ce droit au retour, mais Israël le refuse. Pour les Israéliens, accepter le retour des Palestiniens, c’est reconnaître qu’Israël les a chassés. C’est reconnaître « sa faute ». C’est reconnaître qu’Israël s’est créé en chassant un autre peuple. Pour Israël, reconnaître le droit au retour, c’est d’une certaine manière menacer sa propre existence. Trouvera-t-on un jour une solution à cette situation? La nouvelle guerre à Gaza montre que ce jour est encore loin.

1948, Nakba (la catastrophe en arabe) « We will never forget » (Nous n’oublierons jamais en anglais) Création de Haizanassam, 2015 (deviantart)

Extrait de L’Essentiel (https://www.journalessentiel.be)

Thierry Verhoeven

Pour appuyer cet écrit, dans mon dernier article, je revivais mon séjour à Silwad en Cisjordanie. Le vieux papa de mon hôte, m’a montré la clé de leur maison, clé  qu’il avait emportée lors de leur fuite face à l’agression dont ils furent victimes. C’est donc le symbole de l’espoir au retour, espoir qui sera pourtant vain car leur bien fut démoli et se trouve quelque part sous la piste d’atterrissage de l’aéroport de Tel Aviv.

Robert Tangre

Un commentaire sur “Palestine, un retour impossible?

  1. C’est pas leakba, mais le changement du statut de l’état d’Israël qui a toi changer. En 48 tous les habitants, juifs, arabes, chrétiens… était égale. En 78 l’état d’Israël a introduit la notion qu’il était la terre promise et en pratique que des juifs étaient accepté en Israël. L’arabe n’était plus accepté comme langue en Israël, le droit des non juifs étaient réduit… Israël était devenu un état religieux géré par la religion juifs.

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