L’assaut pouvait commencer. Ils connurent d’ailleurs quelques victoires en cette fin d’été 1942. Les Belges n’étaient-ils pas de tous les peuples, les plus braves de la Gaule ? Leurs chefs leur rapportaient les paroles d’appréciation émises par les Allemands. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que ces mêmes paroles étaient aussi adressées aux autres « héros » de la collaboration européenne : hollandais, norvégiens, français, italiens et même les engagés de la Légion Condor espagnole que Franco avait bien dû consentir à Hitler après l’aide fournie par celui-ci à la défaite des Républicains.

Un peu de flatterie n’a jamais nui, n’est-ce pas? Au contraire, elle conditionnait au mieux ces hommes pour les convaincre que se faire tuer pour l’idéal nazi les plaçait au niveau des héros. Tout allait donc pour le mieux. Un beau jour, pourtant, la machine de guerre connut des ratés. On n’avançait plus. Le front s’est déstabilisé. L’Armée Rouge tant de fois anéantie résistait héroïquement. Là où les Allemands enregistraient encore quelques maigres succès, c’était au prix de milliers de morts. Il y en avait aussi parmi les SS Wallons. Beaucoup commençaient à déchanter
Une puissante contre-offensive fut déclenchée en novembre 1942 devant Stalingrad et une irrésistible poussée soviétique y enferma 330 000 soldats et officiers allemands sous la conduite du général Von Paulus, promu depuis peu au grade de maréchal par Hitler. Dans la ville, à moitié conquise, les patrouilles allemandes étaient arrêtées par la Volga. Les travailleurs des usines de tracteurs « Octobre Rouge mutés en soldats ou en partisans se battaient avec acharnement pour reconquérir, un hall, une fonderie. Dès qu’une accalmie le permettait, les machines tournaient et des chars de combat sortaient à la place des tracteurs.
Les combats acharnés, de maison à maison tournaient au désastre pour l’armée allemande, coupée de tout approvisionnement, démoralisée par cette résistance inattendue, mal équipée pour résister au froid de ce dur hiver.
Après de grandes pertes en hommes et en matériel, la bataille de Stalingrad se termina le 2 février 1943, plus de 147 000 soldats et officiers allemands y furent anéantis, à part quelques dizaines d’entre eux qui purent rejoindre leurs lignes, le reste fut emmené en captivité avec Von Paulus déclaré traître au Vaderland, à leur tête.
Aux derniers avions qui avaient pu se poser dans le camp retranché avant sa reddition, de nombreux soldats avaient tenté de soudoyer les pilotes pour pouvoir se sauver craignant les représailles soviétiques pour les atrocités qu’ils avaient causées. Ils auraient tout donné, leur maison et tout autre bien qu’ils possédaient en Allemagne contre une place dans l’avion. Celui-ci avait d’ailleurs bien peu de chance de retourner intact car les Stormoviks à l’étoile rouge avait repris la maîtrise du ciel à la Luftwaffe.
Lors de l’annonce de ce désastre, les cloches sonnèrent le glas dans toute l’Allemagne. C’était le commencement de la fin et un deuil national de trois jours fut décrété.

Désormais les armées soviétiques prirent l’initiative. La marche vers Berlin et la victoire finale étaient inexorables mais Hitler ne voulait pas s’aEn attendant, les armes secrètes dont ses ingénieurs lui promettaient monts et merveilles, le dictateur concentra plusieurs divisions dont ses meilleures unités d’élite sur le premier front d’Ukraine. Là aussi, les combats furent acharnés et l’Armée Rouge résista aux coups de butoir allemands. Grâce à l’apport de troupes fraîches, elle put bientôt briser l’effort allemand et reprendre l’offensive. Les divisions ennemies furent prises en tenaille dans la poche de Korsum appelée aussi poche de Tcherkassy. La Légion SS Wallonie se trouvait parmi elles.
Les combats firent rage. Les Allemands et leurs alliés pris au piège comme des rats se défendaient avec la même volonté de s’en sortir et de briser le cercle de fer qui les maintenait loin des leurs. Quelques succès locaux ne réussirent pas à desserrer l’étau soviétique. Peu à peu, les Allemands furent acculés à la rivière Guiloï Tikitch, large de 30 m et profonde de deux. La température était glaciale et le cours d’eau rapide égale.
Degrelle se retrouvait chef de 3000 hommes provenant des débris d’unités anéanties aussi bien allemands qu’étrangères. De ses SS Wallons il ne restait plus que 632 hommes. Il avait ainsi perdu dans la bataille plus du tiers de ses effectifs tués ou fait prisonniers. Outre ses combattants, Degrelle escortait des prisonniers russes et des civils. Malgré des actions héroïques indéniables, ce fut une terrible défaite pour la Légion SS Wallonie.
Roger Nicolas
A suivre