Le meurtre du 18 août (suite 34 )

La meute

Endroit où furent traînés les corps des quatorze victimes

18 août 1944, il est six heures et quart, tous les préparatifs sont mis au point et le signal du massacre est donné.

C’est Monsieur Mayence qui monta le premier suivi de Madame René Gobbe. Celle-ci fut placée dans un coin de la pièce principale de la maison, face au mur. Elle sera le témoin des choses horribles qui vont survenir. Elle entendra défiler tous les otages et y restera durant tout le temps de la tuerie.

Dans la cave, les prisonniers comprennent que l’heure de leur mort est venue. Ils étaient prêts à aller vers leur fin cruelle de vie avec stoïcisme et courage.

Ensuite, ce fut le tour de M le Commissaire Brogniez suivi de 2 ou 3 agents de police, déclara la prisonnière. De son côté, M Stoquart qui avait été arrêté pour interdiction de circuler à vélo durant le couvre-feu ne figurait pas sur la liste des otages. On lui ordonna de s’asseoir sur une chaise. Lui aussi eut la vie sauve et entendit toutes les victimes appelées l’une après l’autre .

Le docteur Huberlant sera le dernier. Les malheureux n’opposèrent aucune résistance. Leurs assassins les firent descendre à quelques mètres sur le trottoir de leur prison. Ils subirent à peu près tous un sort semblable. Le premier tueur leur décocha un coup de feu dans la nuque. La victime s’affaissant, le second déchargeait son arme dans la tempe. Saisissant les malheureux abattus, les mourants furent saisis par les poignets et traînés à  travers la route. Ils furent abandonnés face contre terre sur un espace herbeux longeant la voirie

Endroit où furent traînés les corps des trois médecins à proximité de la maison Daxhelet

Certains, toutefois, ne firent pas ce chemin et furent tués après avoir tout simplement traversé le chemin et abattus face à la maison Daxhelet. Ces faits furent certifiés par une partie des rexistes qui ne prirent ou ne voulurent pas devenir auteurs des crimes. Parmi eux, figuraient plus spécialement ceux qui avaient été désignés comme sentinelles.

Les homes abattus, il restait les trois femmes et M le Doyen Harmignie. Ces dames auraient souhaité sortir en compagnie de l’homme d’église ce qui leur fut refusé. Un débat eut toutefois lieu lorsque ce fut le tour d’occire Madame Massin, âgée de 65 ans. Certains des meurtriers pensaient-ils à leur propre mère ? M le Doyen fut abattu le dernier.

Après le massacre, M. Hublou dont la maison servit de prison rapporta que l’endroit de l’exécution consistait en une masse de sang coagulé et d’éclats de cervelle et qu’une longue traînée sanglante indiquait la traînée des corps des suppliciés vers le talus gazonné.

D’après les témoins du massacre, un homme tenta toutefois de s’enfuir et fut abattu comme un chien.

Résumé écrit par Robert Tangre

A suivre

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