La double expédition chez M. l’architecte Simon à Trazegnies.

Le fameux Henri Merlot tenait conciliabule avec quelques hommes et leur fit le récit de ce que feu Englebin lui avait confié. Celui-ci avait eu un entretien avec M. Simon. Suite aux propos qu’ls avaient échangés le bourgmestre avait déclaré que s’il arrivait un attentat contre sa personne, il faudrait en rendre responsable l’architecte de Trazegnies. M. Simon avait, en effet, critiqué M Englebin pour son collaborationnisme avec les nazis et avait refusé de lui serrer la main lorsqu’ils se séparèrent.
Suite à ce récit de Merlot, les bandits montèrent dans leurs voitures et se rendirent à la rue de la Station n° 30 à Trazegnies, maison de M. Simon. Ils sonnèrent à la grille. Melle De Ridder, gardienne du château* vint leur ouvrir le grillage. Le propriétaire était toutefois absent. L’homme avait appris le meurtre dont avait été victime le bourgmestre rexiste du Grand Charleroi et avait préféré trouver refuge à Bruxelles . Les fascistes entrèrent dans l’immeuble , perquisitionnèrent toute la demeure. Constatant l’absence de l’homme qu’ils recherchaient, ils remontèrent en voiture et se rendirent dans la maison d’Englebin pour rendre un dernier hommage à sa dépouille et celle de son épouse et de son fils. Ils s’en retournèrent alors à Charleroi
La seconde expédition des chefs fascistes se déroula le 18 août, très tôt le matin. Emmené par Matthys, chef a.i. de Rex et les échevins de Charleroi, Merlot et Pevenasse, ils s’arrêtèrent devant la maison, escaladèrent le grillage. Toutefois, Melle De Ridder vint leur ouvrir et leur céda le passage. Ils s’engouffrèrent dans la maison et se mirent briser tout ce qu’ils voulaient, en emportant toutefois des biens dont ils pouvaient s’accaparer. C’est alors que l’un d’eux descendit avec un bidon d’essence et ils en aspergèrent toutes les matières facilement inflammables. Les chefs, le méfait accompli, s’en retournèrent vers Charleroi laissant sur place les fameux « Pieds Nickelés », auteurs des premiers assassinats. Melle De Ridder , en peignoir et en pantoufles fut arrêtée par les deux individus. Elle fut conduite vers le lieu où elle sera abattue, la maison Hublou à Courcelles.
- A l’époque, on désignait par le nom « château » les grosses maisons bourgeoises.
Résumé effectué par Robert Tangre
A suivre