Le meurtre du 18 août (suite n ° 13)

L’expédition Delobel

Fernand Delobel, rexiste de la première heure, habitait  quai de Brabant, 17 à Charleroi. Il fut appelé à diriger une équipe composée de 7 individus. Ils avaient reçu l’ordre d’arrêter une série de personnalités. Ils se mirent en route à pied au travers de Charleroi.

Ils se dirigèrent vers la maison de M Jacques Cognioul, antirexiste notoire. Arrivés au n° 1 du Boulevard Dewandre, ils se présentèrent comme policiers. Ils ne trouvèrent que son épouse car l’homme ayant été averti, s’était enfui par les toits et s’était réfugié dans la maison voisine.

Après cet échec, ils tentèrent d’aller arrêter M Georges Mahaut, Procureur du Roi habitant au boulevard Devreux n°3. Prévenu lui aussi, M. Mahaux s’était échappé et leurs tentatives d’entrer dans la maison furent vaines.

C’est après ce nouvel échec qu’ils se dirigèrent vers la maison de M René André, ingénieur des mines habitant rue de la Vieille Place, n° 67. Ils se trompèrent de domicile et s’en allèrent frapper chez le voisin où ils se présentèrent comme «  Deutsche Polizei ». Ils perquisionnèrent la maison n’y trouvant pas la personne recherchée. Nouvel échec.

Ils se dirigèrent ensuite au 47, avenue de Waterloo pour arrêter M le docteur Sœur. Leurs fichiers n’étaient pas à jour car le médecin avait déménagé et se trouvait au même moment dans sa maison de campagne. Averti par le bruit, le nouvel habitant, M. Leclercq, membre de l’Armée secrète, détruisit rapidement tous les papiers compromettants qu’il possédait et s’enfuit par les toits .

Ils se rendirent ensuite chez le commandant David habitant rue du Fort 28. Ils crochetèrent la porte et fouillèrent la maison vide d’occupants, ces derniers ayant été prévenus.

Leur visite suivante les amena chez Monsieur le chanoine Pierre Harmignie, curé-doyen de Charleroi habitant au n°13 de la rue du Gouvernement. Réveillé par les nombreux coups de sonnette, Monsieur le doyen descendit ouvrir sans méfiance. Il n’avait passé qu’un manteau sur sa chemise de nuit. Ils voulurent l’emmener ainsi. L’homme d’église refusa et ils lui permirent d’aller se revêtir de sa soutane. En chemin, ils croisèrent deux policiers qui furent interpellés par le prêtre. Se présentant comme policiers allemands, Delobel leur dit qu’ils l’arrêtaient. Les policiers n’insistèrent pas. L’homme fut ensuite dirigé vers de local des bandits fascistes , pour rappel, situé rue du Parc n° 29.

Résumé par Robert Tangre

A suivre : «  L’expédition Bracke-Heuschen à Charleroi. »

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