Le pont d’Esneux

Vue générale d’Esneux
Evalue-t-on à sa juste valeur l’action des partisans empêchant les Allemands en retraite de détruire un pont?
Prenons le cas du pont d’Esneux sur l’Ourthe. Les Américains venant de Huy par Nandrin talonnaient les Allemands.
Nos alliés se proposaient sans doute de franchir l’Ourthe à Esneux et de pousser ensuite sur Verviers mais les boches avaient laissé sur le pont une arrière-garde capable d’en défendre l’approche et probablement de le faire sauter. Trois mitrailleuses lourdes échelonnées en aval de l’ouvrage et couvertes par un char « Tigre » posté au-delà de la rivière. Eh bien, les partisans parvinrent néanmoins à dégager le pont.
Munis seulement d’armes légères, ils progressèrent lentement en rampant, s’abritant le mieux possible et tirant de toutes leurs armes dès qu’ils se trouvaient en position favorable.
L’ennemi, surpris, fit un bond en arrière et abandonna la première mitrailleuse. Ce résultat eut le don d’encourager nos hommes tandis que les boches, ignorant l’ampleur de forces qui les assaillaient, repassaient la rivière et demeuraient sagement sous la protection de leur char. Mais ils n’osèrent plus s’aventurer sur le pont.
Nos hommes avaient atteint la rive gauche de l’Ourthe et, à leur tour, ils en défendaient l’approche. Le deux partis, séparés par le ruban de la rivière se contentaient de guetter et de saluer de quelques rafales le moindre mouvement suspect.
Cette situation aurait pu s’éterniser, oui, mais les blindés américains firent leur apparition. Les Allemands ne les attendirent pas. Aux premiers vrombissements, ils battirent en retraite avec empressement.
Un pont sauvé des heures précieuses gagnées et souvent combien de vies épargnées ?
A suivre : « L’intendance militaire de Bressoux ».