
Est-ce qu’il y a une différence salariale entre les hommes et les femmes ? D’après le rapport 2021 écrit en partie par l’Institut pour l’égalité des hommes et des femmes, la réponse est bel et bien oui. Cet écart s’élève à 9,2%, un chiffre général pondéré avec le temps de travail. Plusieurs facteurs expliquent cette différence.
Le premier facteur de l’écart salarial, c’est le travail à temps partiel. Les femmes travaillent davantage dans les secteurs où le temps partiel est organisé.
Le travail à temps partiel
« L’écart salarial s’élève à 9,2%, mais s’il n’est pas calculé et qu’on le prend de manière brute, si on ne le corrige pas pour le temps de travail, il grimpe à 23,1%. Ce second indicateur rend vraiment visible l’impact du temps partiel sur l’écart salarial« , explique Véronique De Baets, porte-parole de l’Institut pour l’égalité des hommes et des femmes et qui a participé à l’élaboration de ce rapport.
On sait qu’aujourd’hui, en Belgique, plus de 43% des salariés femmes travaillent à temps partiel, contre seulement 11% des hommes. Pourquoi ? Parce que de nombreux secteurs où les femmes sont surreprésentées sont organisés dans le sens du travail à temps partiel, mais aussi parce qu’il existe encore une inégalité assez importante dans la sphère privée et que les femmes gèrent encore la majorité des tâches domestiques et d’éducation.
« L’institut avait mené en 2016 une étude sur la gestion du temps qui avait montré que les femmes effectuaient près d’une heure et demie de travail non rémunéré par jour de semaine moyen, tandis que les hommes effectuaient près d’une heure et demie de travail rémunéré de plus que les femmes par jour de semaine moyen. C’est quelque chose qui est encore très présent aujourd’hui« , rajoute Véronique De Baets.
La composition de ménage
Le deuxième facteur qui explique cet écart est en quelque sorte lié au travail à temps partiel. Il s’agit de la composition de ménage. Le fait d’avoir des enfants a un impact sur le salaire des femmes.
Autre constat : l’état civil, le fait d’être marié va avoir un impact positif sur le salaire des hommes, tandis qu’il n’aura pas d’impact sur le salaire des femmes
La ségrégation sectorielle
Comme l’explique la porte-parole de l’Institut pour l’égalité des hommes et des femmes, les femmes sont surreprésentées dans des secteurs qui sont peu valorisés financièrement, des secteurs qui sont pourtant essentiels au bon fonctionnement de la société, comme les soins de santé mais aussi les supermarchés, les crèches, etc. Et dans ces secteurs, les salaires sont peu élevés, tandis que les hommes sont surreprésentés dans des secteurs dans lesquels les salaires sont plus élevés, comme la construction, le secteur automobile ou même le secteur de l’énergie, par exemple.
Et pourtant, ce taux de 9,2% est le taux le plus bas. « On est clairement dans une tendance de diminution de l’écart salarial ces dernières années et on a aussi un écart salarial qui est assez faible par rapport à d’autres pays européens. Mais par contre, on a quand même une problématique qui est importante et qui est la problématique des bas salaires« , souligne Véronique De Baets.
N.J.
Extrait du site RTBF.be