Nombreuses furent les communications que je reçus depuis quelques heures… Toutes pour se réjouir du vote (ou plutôt de ses résultats et annonces…)

Au risque de jouer les trouble-fête et/ou les Cassandre et d’irriter une communauté qu’illustrent une mythologie revisitée qui aurait adopté une chimère rassemblant l’âne (pour la bêtise – injustement- attribuée- à ce courageux animal), le mouton et le perroquet (pour les auditeurs et lecteurs passifs des médias dominants), je voudrais apporter quelques nuances à leurs points de vue.
TRUMP aura été un danger pour la paix mondiale. Même s’il n’a engagé son pays dans aucune nouvelle guerre au sens d’envoi de troupes, il a augmenté significativement les budgets militaires et attisé, sans les créer il est vrai, les haines sur les terrains déjà occupés par les conflits. Notamment en manifestant un asservissement à l’entité étatique appelée Israël et en pratiquant un mépris à l’égard de nos frères palestiniens. Enfin, il aura été ce péril dans l’exportation dans les relations internationales de la brutalité et de la vulgarité du monde du business et du règne de l’argent, dont du reste, les principaux acteurs ont bénéficié des largesses du pouvoir. A cet égard, une information audiovisuelle rappelait que les indices boursiers ont, durant le mandat de TRUMP, largement progressé.
Mais son challenger… ?
Joe BIDEN a 45 ans de vie politique derrière lui. Certes, autant le jeunisme est irréfléchi, autant la gérontocratie est dangereuse et lourde, tout autant que la brutalité de son prédécesseur, d’incertitudes pour l’avenir.
Au cours de ce temps, il s’est singularisé en votant de nombreuses lois ségrégationnistes. Un sujet de « Transversales » (RTBF) le rappelait au-travers de propos de …Kamala HARRIS avant que celle-ci ne devint sa colistière. Selon la RTBF, c’est lorsqu’ elle l’affrontait au début des primaires démocrates, qu’elle avait rappelé ces faits. Elle-même, quand, elle fut Attorney de Californie (Ministre de la Justice d’un Etat aussi grand que la France), prit des mesures qui visaient plus spécifiquement les jeunes Noirs de son Etat.
Ces faits, conjugués au fait qu’à la veille de la pandémie, le taux d’emploi des Noirs était significativement remonté aux USA (maximum selon : LE MONDE 6/11) explique en partie que l’électorat noir trumpiste soit passé de 8 % en 2016 à 12% le 3 novembre dernier.
Il faut ajouter à cela que les infographies des votes démocrates (LE MONDE 6/11) indiquent que BIDEN n’a pas reconquis les Etats de la ceinture ouvrière du centre des USA mais concentré ses succès significatifs sur la côte Est et la Californie, soit là où les revenus moyens sont les plus élevés et où existe des communautés de genre méprisées et brocardées par Trump et ses soutiens. Plus inquiétant encore, la même source indique que, de 2016 à 2020, les résultats « démocrates » ont progressé chez les chrétiens évangéliques…
Enfin, il faut rappeler que les élus démocrates, Joe BIDEN ne faisant pas exception, ont, durant le mandat de Tromp, voté toutes les lois à caractère antisocial et favorable à la grande finance
Tous ces développements donnent à penser qu’il est largement erroné de voir, dans cet instant de la vie politique, une victoire de la « gauche » qu’incarnerait BIDEN. On assiste bien au contraire à un affrontement à fronts renversés et qui peut amener aussi certains observateurs pressés ou décidés à induire en erreur, à avoir vu en Donald TRUMP le nouveau héraut de la classe ouvrière et des masses défavorisées.
En outre, rien n’indique sérieusement que BIDEN compte faire usage de son mandat pour redresser les éléments les plus odieux de la politique de son prédécesseur. A côté du fait qu’il s’est engagé à conforter la politique moyen-orientale en maintenant l’ambassade US à Jérusalem, il est vraisemblable qu’il poursuivra la politique, engagée sous Obama, de d’isolationnisme des USA et de leur mépris profond des intérêts de ses alliés.
L’accession à la Présidence d’un des leurs ne pourra longtemps cacher que ces élections sont un fiasco pour le parti démocrate. Outre ce qui précède, il faut en effet noter son recul significatif à la Chambre des représentants.
La gauche américaine (la vraie !) a bien du pain sur la planche ! Notamment pour museler l’appétit de l’opportuniste qui vient de devenir vice-présidente …
Alain Berger