L’armée belge des partisans armés (suite LVIII)

Contre-propagande n° 3 : « Le tour de bien d’autres traîtres ».

Omer commençait à jouir d’une certaine renommée. Aussi, quand les V.N.V. organisèrent un grand meeting place Vaillance à Anderlecht, notre ami se vit octroyer un rôle de premier plan pour le final qui devait se jouer à la sortie.

L’orateur, un individu chauve, petit de taille comme de noblesse et portant une gabardine claire, était spécialement recommandé aux partisans. De nombreux camarades embusqués à la ronde, attendaient, prêts à porter aide au justicier, Omer, simulant un ennui mécanique, tripotait son vélo.

Les V.N.V. commencèrent à sortir se hâtant vers le point d’arrêt des tramways. Brusquement, un homme encore plus pressé que les autres, jaillit du local. Il était petit, chauve et portait une gabardine claire. Omer enfourcha son vélo, rejoignit l’individu près du monument et le héla : « Hem ! Monsieur ! » La silhouette se retourna. Ce soir-là, Omer avait un 9 m/m. Le sale petit monsieur en reçut six balles qui mirent un terme à son travail sordide

Vint ensuite l’exécution de l’agent n° 13 à Ixelles puis d’un membre du personnel des tramways à Boitsfort. Celui-là, le percepteur n° 517 avait sur la conscience la mort de plusieurs patriotes qu’il avait dénoncés aux nazis. Cinq partisans prirent place : trois à côté du conducteur et les deux autres, Omer et Benoît, les inséparables, sur la plate-forme arrière. Pourquoi cinq hommes ? Tout d’abord, trois de nos P.A. étaient à leur coup d’essai. Ceux-là seraient plutôt des témoins, des recrues qui pourraient constater que « ça » va tout seul quand on s’y prend bien. Pourtant, cette fois-là « ça » ne marcha pas tout droit. L’agent n° 517 ouvrit la portière arrière et fixant Omer :

Place de la Vaillance à Anderlecht

« Servi ?
Voilà !»

Omer tira à bout portant une balle dans la poitrine du dangereux dénonciateur. L’homme se laissa tomber en hurlant sur une banquette. Le conducteur, tenu en respect par les jeunes recrues n’osa pas ralentir. Omer pressa une seconde fois sur la détente. Son révolver s’enraya. Fatalité ! Les balles provenaient d’un stock de la F.N. dont la fabrication avait été sabotée par d’autres patriotes. On ne peut pas tout savoir.

Le 517 hurlait toujours. Les deux partisans l’encadrèrent et s’efforcèrent à faire fonctionner le mécanisme d’armement de leurs pistolets. Brusquement, un coup partit. Le pistolet de Benoît avait fait des siennes. La balle pénétra accidentellement dans la fesse du traître qui bondit en criant de plus belle. Un instant, interloqué, Benoît fut bousculé et le 517 s’enfuit vers l’avant de tramway. Mais il y avait là, trois novices qui n’avaient pas froid aux yeux car trois balles bien ajustées mirent fin à cette aventure. Le conducteur, plus mort que vif, se contenta de stopper sans s’intéresser à la direction que prenaient les justiciers. ?

Contre-propagande n° 4 :  » Cette fois, ce sera à Rixensart.« 

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