Nous ne sommes pas condamnés à crouler sous les datas et à obéir à des logiciels. Pourtant chacun de nous devrait y réfléchir car notre vie est de plus en plus dépendante des objets connectés que ce soit par le téléphone portable, la tablette, l’ordinateur, smartphones et gadgets en tous genres… Vous pouvez en faire l’expérience tous les jours. Dès la sortie des écoles, les adolescents ne bavardent plus entre eux, non, ils sont tous branchés sur un smartphone consultant dieu sait quoi. Dans les transports en commun, votre voisin ne cause pas, il s’adresse à un inconnu via son portable ou consulte son ordinateur. Près de mon appartement se trouve un square muni de bancs sur lesquels se rassemblent des jeunes gens, filles et garçons. Au lieu de se taquiner ou flirter comme les jeunes de cet âge, chacun consulte son smartphone. Ces quelques exemples montrent à quel point notre volonté ne nous appartient plus mais est entièrement soumise à autrui, celle des logiciels et des algorithmes !
Karine Mauvilly vient d’écrire un ouvrage : « Cyberminimalisme » que j’invite chacun à parcourir. L’auteure a volontairement rangé son smartphone dans un tiroir durant deux ans. Elle a survécu. Elle nous livre son expérience et ses réflexions.
La vie numérisée qui s’impose de plus en plus à nous porte gravement atteinte à l’environnement ; des multinationales high-techs pratiquent le vol de données et la captation d’attention ; nos capacités naturelles d’orientation, de mémoire ou d’empathie sont affectées. Face à ce projet de société digitale peu humaniste, le cyberminimalisme propose une reconquête de notre pouvoir de décision en tant qu’humains et citoyens face aux machines
Au travail, en famille, entre amis, pour nos loisirs ou dans le choix de nos équipements, l’auteure préconise un mode de vie moins numérisé. Le cyberminimalisme n’est pas la cyber abstinence, le retour à la bougie, c’est une reprise de contrôle, tantôt par l’évitement numérique, tantôt par la maîtrise informatique. Préparez-vous à acheter du numérique d’occasion, à adopter des logiciels libres, à profiter de la vie sans poster sur les réseaux sociaux, à agrandir votre zone non numérique. Et comme la liberté se construit dès l’enfance : pas de téléphone portable avant 15 ans !
Aux cris de « haro sur le baudet », elle cite Bill Gates him self :
« Nous n’avons pas de téléphone mobile à table quand nous mangeons. Nous n’avons pas donné de téléphone mobile à nos enfants avant qu’ils n’aient atteint l’âge de 14 ans et ils se plaignaient que les autres en aient eu un plus tôt ! »
Cyberminimalisme
Par Karine Mauvilly
Ed du Seuil
18 euros
Freddy Guidé
