Ils meurent dans l’indifférence.

Selon le quotidien Le Soir (16- 01-2020) les accidents du travail sont en recrudescence. En 2018, il y a eu 134 personnes mortes au travail, chiffre fourni par la Fredis (Agence Fédérale des risques professionnels). Le record, si on peut parler ainsi, avait été atteint en 2008 avec 207 384 déclarations d’accidents, blessés et décès confondus contre 162 462 en 2018. Néanmoins cette augmentation soudaine des accidents du travail n’a jamais été si élevée et se signale par sa répétition, une détérioration latente des conditions de travail et un recul de la prévention.

Le problème est que ces accidents se produisent toujours à la même extrémité du processus industriel. En effet, jamais un actionnaire ne meurt d’une chute de dividende.  Qu’un journal comme Le Soir se penche sur cette question alors que le moindre bobo d’un sportif prend toute une page a du mérite et attire notre attention sur la fragilité du monde du travail.

Encore faut-il que l’employeur déclare que votre accident du travail est bien la cause de votre mortalité car le site de la Fredis note : « Si l’employeur n’a pas reconnu l’accident déclaré comme étant un accident du travail, vous pouvez prendre contact avec le service Contrôle de Fedris ou avec votre syndicat. Vous devez le faire dans les 3 ans suivant l’accident. Fedris peut alors enquêter sur les causes et circonstances de l’accident. Si Fedris n’est pas d’accord avec l’employeur, des discussions seront menées. Si l’employeur et Fedris ne parviennent pas à un accord, Fedris peut exposer son point de vue dans une lettre recommandée adressée à l’employeur. Ensuite, vous pouvez toujours saisir le Tribunal du travail. » la Fredis s’adresse bien sûr aux proches. Si la victime vit seule, il n’y a pas de conseils à suivre. Par contre, l’employeur possède une armada d’avocats et de comptables pour défendre ses propres intérêts

Mais Le Soir évoque également tous ces travailleuses et travailleurs à domicile, tels infirmières, aides-soignantes, aide-ménagères, chauffeurs… qui meurent sur la route, les cas les plus difficiles à traiter. Que dire de cette société qui s’individualise de plus en plus où le collectif disparaît peu à peu pour céder la place aux travailleurs en voie d’« uberisation » …`

Freddy Guidé

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