Libres propos : « Le recyclage des plastiques version wallonne »

L

La Wallonie croule sous une montagne de déchets de plastique que la grande distribution fourgue à tour de bras au consommateur lambda. En effet, lorsque nous quittons un supermarché, le caddie rempli de victuailles et de produits de toute nature, nous revenons aussi avec un tas d’autres choses, notamment divers emballages, qui nous ont été gracieusement facturés. Et oui ! La grande distribution n’est pas aussi désintéressée qu’on peut le croire… Donc ces emballages non désirés nous sont rarement voire jamais offerts ! Parfois, nous prenons un article emballé pour deux flacons, dont l’un est gratuit dit l’étiquette ou la publicité. Ces deux articles sont enveloppés dans un carton, lui-même enrubanné dans un film plastique. Une fois déballés nous voilà effectivement avec deux articles et une foultitude d’objets en pastique dont nous ne savons que faire. Généralement, nous nous empressons de les placer dans un sac plastique destiné à la déchetterie.  Recyclé, il permet des miracles dans des domaines aussi variés que la médecine, l’automobile ou la prolongation de vie des aliments.

Avant d’être transformé dans ces différents domaines, les déchets de plastique sont nettoyés, désodorisés et convertis en une matière réutilisable qui sera ensuite dirigée dans des secteurs demandeurs. Habituellement, ce sont les Chinois qui exécutent ces opérations. C’est vrai que ce grand pays est friand de nos surplus et achète déjà nos papiers périmés qu’il transmue par la suite avant de nous les refiler. Pour le plastique, la Chine arrive à saturation et les monticules indésirables s’amoncellent dans nos déchetteries. Le gouvernement wallon, lui se prépare à lancer un appel à projets financés avec l’argent public. Il se dit prêt à investir à coups de millions d’euros afin qu’une filière de recyclage privée prenne la relève dans nos contrées.

Nos voisins Allemands, eux, ont compris que c’était à la grande distribution à prendre ses déchets en charge. L’Allemagne n’est pourtant pas, sur le plan politique, gérée par une horde de gauchistes ou de doux rêveurs écolos. Lorsqu’il achète une bouteille en plastique ou une quelconque canette, le consommateur allemand doit s’acquitter d’une caution d’un euro qui lui est restitué une fois le déchet ramené. À la grande surface de se débrouiller avec ses encombrants déchets. Pour le gouvernement wallon, cette façon de faire est trop simple et n’entre pas dans ses mœurs politiques. Il préfère cajoler la grande distribution dans le sens du poil. Avec 16 kilos de déchets par an et par Wallon, cette manière d’agir serait plus lucrative et moins onéreuse pour le contribuable. A l’heure des grandes manifestations contre le réchauffement climatique, cette initiative de refiler la patate chaude à ceux qui nous inondent de déchets serait sans aucun doute la bienvenue. Mais au fait, comment se passe l’après manif… Que deviennent ses cartons gribouillés de slogans ?  Que deviennent les poubelles publiques débordants de cannettes (pour autant qu’elles ne jonchent pas le sol !) ? Combien de kilos de déchets sont ainsi récoltés ?

Des armées d’ouvriers communaux, après le joyeux tapage des manifestants, les amassent dans les bennes de camions et tout ça aux frais du contribuable… Ces ouvriers communaux et ces contribuables sont-ils comptabilisés parmi le nombre de manifestants ?

Freddy Guidé

Laisser un commentaire