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Suffit-il de faire démarrer le Tour d’Italie 2018 depuis Haïfa en parcourant trois étapes dans cet état pour le rendre honorable ? La chanteuse Netta Barzilai qui remporte le prix de l’Eurovision 2018 et déclare qu’elle remercie le jury d’avoir reconnu : « L’éveil du pouvoir féminin et de la justice sociale ». Heu ! De quelle justice parlez-vous ? Celle qui consiste à massacrer des dizaines de Palestiniens – dont une enfant de huit mois – qui défilent désarmés dans leur prison à ciel ouvert ou plus grand camp de concentration du monde ?
« Un peuple qui en opprime un autre ne pourrait lui-même s’émanciper » écrivait le philosophe allemand Friedrich Engels. Cette sentence peut s’appliquer à l’Etat d’Israël car comment qualifier autrement son attitude actuelle vis-à-vis des Palestiniens ?
Pendant ce temps, la communauté internationale détourne le regard. Les Américains se remémorent le bon vieux temps où leurs ancêtres flinguaient des Indiens à tour de bras pour voler leurs terres. Ils décident de déménager leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem en s ‘asseyant sur le droit international..
Les Juifs n’affichent que du mépris à l’égard des Palestiniens, mais aussi à l’égard de tout ce qui n’est pas juif. Lorsque je me suis rendu en Palestine, – en réalité on atterrit d’abord à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv et là, d’emblée on vous fait sentir que vous êtes un goï, vous êtes une « sous merde » qui ne fait pas partie du « peuple élu ». Les juifs, eux se considèrent comme étant le « peuple élu ». Par qui, on se le demande
Au départ de Liège, dans l’avion, nous étions entourés de juifs ashkénazes qui se rendaient en terre sainte (?). Ils ont prié durant tout le trajet. Quand nous sommes arrivés dans le hall d’accueil où il faut montrer patte blanche (son passeport) sauf les Ashkénazes. Une sortie a été spécialement conçue pour eux où seul leur accoutrement suffit. Pas besoin de passeport, Même dans la salle d’attente, la fille qui vous sert un café affiche son mépris vis-à-vis du goï que vous êtes…
Que dire des checkpoints que vous devez franchir quand vous provenez de l’état d’Israël pour pénétrer en Palestine ou plutôt dans les territoires occupés ? Un soldat avec un fusil aussi grand que lui pointe son arme dans votre direction, prêt à faire feu ! J’étais allé à Ramallah avec une équipe pour filmer une représentation théâtrale d’une compagnie de La Louvière : « Terre promise ». Au checkpoint de Kalandia près de Ramallah, un soldat israélien m’a interpellé alors que je filmais les interpellations par des soldats de Palestiniens qui transitaient pour se rendre au travail. Je le filmais alors qu’il s’amusait avec un chien tandis que les Palestiniens patientaient. Tout à coup, le militaire aboya : « No movies ». Je rangeai ma caméra et sortis mon appareil photo. Il aboya à nouveau : « No pictures ». Alors que je sortais de quoi écrire, le soldat se dirigea vers moi en pointant de son arme et me fit comprendre de dégager ou je prenais une balle. Je n’ai pas l’étoffe d’un héros et je m’éloignai de la grille de séparation…
Mon retour en Belgique fut, lui aussi, empreint de méfiance à notre égard de la part des services israéliens. Nous avons eu droit à la fouille complète jusque dans l’anus (si, si !). Nous ne sommes que de passage. Les Palestiniens vivent des tracasseries quotidiennes quand ce ne sont pas des massacres comme le 15 mai dernier. A ce propos, l’ambassadrice d’Israël en Belgique, Madame Simona Frankel, déclarait sur la RTBF que ces tueries avaient été perpétrés pour empêcher ces dangereux terroristes de mettre les pieds sur le territoire israélien et tuer des civils (sic) ! Des dangereux terroristes, Madame, ces enfants de huit mois et deux ans ? Allons ! Comme on dit en wallon : « Dites ça à un cheval de bois, il vous flanque un coup de patte »…
Certes les propos contre les juifs et le négationnisme en Belgique sont condamnables. Mais la loi ne nous interdit pas de ne pas aimer les Juifs… Selon le Judaïsme, « Dieu est miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité ». Ce n’est pas l’impression que j’ai ressentie lors de mon séjour dans cette partie du monde où tout est mépris et brutalité.
Ça m’a plutôt rappelé une époque pas si lointaine où une population qui considéraient tous ceux qui étaient différents comme « untermensch » (sous-hommes).
Freddy Guidé