Retrouver le chemin d’un syndicalisme combatif… (suite n°4)

possibles                 

Ingrédient n°4 : Un programme de conquêtes sociales qui répondent au réalisme des travailleurs et qui sont porteuses d’un nouveau projet de société…

Le mouvement ouvrier s’est construit autour d’un projet de société et de revendications offensives de conquête sociale en rupture avec la logique de l’économie de marché : le suffrage universel, l’arrêt du travail des enfants, la journée des 8 heures, les congés payés, la sécurité sociale, les libertés fondamentales, les droits des femmes… En aucun cas, il ne s’est construit autour d’un projet de « moindre régression sociale ».

Et ces conquêtes sociales n’ont jamais été le fruit spontané d’une bonne conjoncture économique, mais bien d’un combat déterminé du mouvement ouvrier. Par exemple, la première semaine de congés payés a été obtenue en 1936, alors que la crise économique n’était pas terminée, mais à la suite d’une des plus grandes grèves générales connues dans notre pays.

Les travailleurs américains ont lancé en 1886 – le 1er mai – un grand mouvement pour la journée des 8 heures. Auraient-ils pu enthousiasmer des dizaines de milliers de travailleurs en les mobilisant pour des revendications de moindre régression ?

Les revendications de conquête sociale ont été de tous temps la source de hauts cris poussés par le camp patronal ou gouvernemental qui, à chaque fois, s’inquiétait de la « position concurrentielle des entreprises ». « Arrêter le travail des enfants ? Vous n’y pensez pas ! Nos entreprises risqueraient de ne plus être concurrentielles avec l’étranger. » « Des congés payés ? Mais c’est impayable et, en plus, cela va rendre les ouvriers oisifs ! » Etc. Les réactions patronales et politiques actuelles contre les propositions de réduction collective du temps de travail en sont une nouvelle illustration. Heureusement, les travailleurs ne se sont pas laissés déstabiliser par ces cris. Ils ont maintenu le cap.

Mais aujourd’hui, quelles sont les grandes revendications structurelles porteuses de changement de société ? Il est plus qu’urgent de les définir et de ne plus les lâcher. « Jusqu’à la victoire ! », aurait dit Che Guevara.

Ces revendications ne sont pas juste un catalogue de bonnes intentions, mais des combats concrets et des combats qui sont porteurs d’un nouveau projet de société où l’être humain, la nature, les grands moyens de production… sont gérés démocratiquement par la société et ne sont pas des outils aux mains d’une petite minorité avec pour seul but de faire du profit.

Paul Lootens

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