Une vie consacrée au travail.

Georges et Marie bon assuré avec dignité leur statut de travailleurs. Georges a exercé différentes besognes de manutention et de production industrielle. Marie, d’abord travailleuse d’entreprise, a choisi de s’occuper du ménage tout en gérant un petit café

D’après nos recherches, la vie sociale de Georges débute à l’âge de 12 ans. Il a successivement travaillé c’est Matto-Bailly à Chênée, chez Arthus au port de Chênée, à la verrerie de Vaux sous Chèvremont, chez Artois au Bay Bonnet et dans une filature de La Brouck.

En 1885, âgé de 15 ans, Georges entre au service de la métallurgie de Prayon .Cette décision va marquer sa vie. Il travaillera notamment dans la pyrite comme ouvrier de four « Griller »

En 1913, à l’âge de 43 ans, Georges, victime d’un empoisonnement industriel, est soigné notamment par le professeur Kanter de Liège. Sa santé ne lui permettant plus d’exercer son métier au sein de l’entreprise, il adjoint au café tenu par Marie une petite exploitation fermière. On lui connaît quelques vaches, des cochons et une basse-cour. Pour ce faire, il acquiert quelques parcelles de pâtures et de bois.

La vie du couple s’égrène calmement entre la tenue du café et l’exploitation de la petite ferme. Le café, lieu de rendez-vous des travailleurs du quartier, était tenu par Marie. La bière était servie à la bouteille et sans abus. Il était courant que Marie sermonne des clients trop penchés sur la consommation et qu’elle les renvoie auprès de leur femme. Le débit de boissons s’accompagnait de la vente de produits divers : moutarde en fût, tabac à rouler, allumettes, boutons, fils, œufs frais, légumes du jardin, maquée et sirop à peser et cetera.

La petite ferme composée d’une ou deux vaches, de quelques porcs, de poules, pigeons et de lapins était entretenue par Georges. C’était un va-et-vient continuel entre l’habitation et les petits prés de Masta : foin, eau, fumier étaient déplacés par Georges à l’aide d’un porte-seaux. Grand amateur d’oiseaux, Georges décorait la façade de l’immeuble et le café avec des cages de petits chanteurs.

En 1937, le vétérinaire Nandrin d’Esneux certifie qu’une vache appartenant à Georges Fassotte est décédée à la suite d’une intoxication provoquée par les émanations de la métallurgie. C’est le début d’un bras de fer entre un citoyen qui désire que l’on respecte ses droits et une entreprise pensant se situer au-dessus des lois

Déjà propriétaire de la plupart des terrains exposés aux émanations provenant de la métallurgie, celle-ci pense régler le différend l’opposant à Georges par l’achat des biens en rente viagère. Elle se bute à un refus catégorique de Georges qui considère que ce qui vient d’un ouvrier retournera à un ouvrier.

C’est dans cette période que l’idée germe dans la réflexion du couple de céder leurs biens au Parti communiste qui a toujours défendu les intérêts des plus nécessiteux, de tous les travailleurs.

Cette donation est accompagnée de la promesse de ne jamais vendre les biens à la métallurgie de Prayon. Cette volonté est le fruit de pressions et des querelles que le couple Fassotte- Blavier a subies pendant de longues années

Extrait du récit rédigé par André Dombard.

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