Alice Adere – Degeer

Fille de famille nombreuse, Alice Degeer a travaillé pour le parti communiste de Belgique de sa formation et elle sera en 1936 la première femme communiste à entrer à la chambre. Elle est avant tout un nom oublié de la politique belge » (extrait de l’introduction du travail de Didier Hamman sur Alice Degeer – CarCob))

Elle est née le 4 mai 1902 à Montegnée et décédée en 1947 à Plainevaux

Elle quitte l’école à l’âge de 10 ans pour travailler comme ouvrière à l’usine afin d’aider sa famille. En effet, à cette époque, pendant les années qui ont précédé la Première Guerre mondiale, la misère règne dans le milieu ouvrier. Les femmes et les enfants sont utilisés comme ma main-d’œuvre bon marché.

À l’âge de 20 ans, elle se marie avec un mineur, Joseph Degeer, syndicaliste socialiste. C’est sous l’influence de celui-ci et grâce à son travail militant qu’elle compense les failles de son instruction.

Elle met son talent oratoire au service de la classe ouvrière et n’hésitera jamais à haranguer la foule en rue, ni à prendre la parole dans les meetings.

Durant la période qui va de 1918 à 1940, la situation économique se dégrade fortement car elle subit de plein fouet la crise des années 30. Cette situation provoque de nombreux conflits avec les travailleurs.

En 1921, Alice Degeer est ouvrière au four à coke d’Ougrée- Marihaye et participe au mouvement des balayeurs qui déclenchera la grève des travailleurs métallurgistes pour de meilleurs salaires sous la direction de Julien Lahaut. Cette grève durera 7 mois.

Alice Degeer sera présente dans tous les combats des travailleurs de la région y compris ceux pour la défense des droits des femmes

Sans être membre, elle travaille pour le parti communiste et ce n’est qu’en 1931 qu’elle demandera son adhésion. Elle fera deux voyages en URSS.

Elle jouira d’une grande popularité ce qui lui a permis d’être parmi les premières femmes élues avant-guerre. Seulement six femmes seront élues au Parlement pendant cette période (quatre francophones Marie Spaak- Janson, Isabelle Blume, Lucie Dujardin et Alice Degeer et deux néerlandophones)

Ces élues étaient des exceptions à la règle de l’époque. Les femmes qui avaient largement participer à l’effort de guerre en 1914 1918 n’avaient pas obtenu le suffrage universel accordé aux hommes mais seulement un prix de consolation : le droit de voter aux élections communales. Elles étaient néanmoins éligibles à tous les niveaux sauf les prostituées. La politique est à cette époque encore plus qu’actuellement un domaine réservé aux hommes, pensé par les hommes.

Après la guerre de 1940-1945 et après l’octroi du droit de vote aux femmes (1949), elles resteront largement minoritaires au Parlement. Jusqu’en 1974, les femmes représenteront moins de 5 % des élus. Actuellement, bien des décennies plus tard après l’accès des femmes au suffrage universel, elles sont à peine 10 % ce qui rend leur travail parlementaire plus ardu que celui de leurs collègues masculins. Elles ont pris progressivement conscience de leur infériorité persistante et tentent d’y remédier.

À suivre

L. Lauwers

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