
Suite du texte de Roger Nicolas à propos de l’émigration belge.
Oui mais ces braves Belges ne vont pas rester bien longtemps d’un sang pur, d’ailleurs déjà bien troublés par les liaisons avec les autres peuples de l’Europe centrale, les premiers occupants néolithiques de notre sol et les Gaulois qu’ils ont refoulés.
Les Romains et toutes les légions étrangères qu’ils vont envoyer à la garde du Rhin, leurs auxiliaires germains vont donner un coup de neuf à notre race mais cela ne fait que commencer : Germains, Francs, Normands, Hongrois vont traverser nos contrées durant le premier millénaire de notre ère et parfois s’y établir. Après quelques siècles où l’on reste entre soi pour pouvoir tout à loisir s’étriper. Vu le hasard de la formation des états modernes, nous devenons Bourguignons, Français, Espagnols, Autrichiens, Hollandais pendant des périodes plus ou moins longues. Et tous ces étrangers amènent avec eux des mercenaires italiens, suisses, allemands, croates. Bref, l’Europe se donne rendez-vous chez nous et tous ces passages donnent de charmants bambins à la teinte de la peau ou des cheveux allant du plus pâle au plus foncé.
En effet, les Espagnols ont du sang berbère ou juif dans leurs veines et des villes, comme Bruges, Gand ou Anvers comptent encore nombre de leurs descendants aux yeux noirs et à la peau ambrée. Aux 17e et 18e siècles, on appelait encore les Gantois des « Signorke ».
Dès notre indépendance, on peut enfin se croire entre Belges. Nous avons retrouvé un nom de famille que nous n’avions plus porté depuis 19 siècles. … Toutefois, de nouvelles invasions se préparent. Jaloux de notre prospérité, des pays moins chanceux, nous envoient leurs sans travail et miséreux puis leurs opposants politiques : Français, Italiens, Allemands, Russes, Hongrois, Tchèques, Polonais … Les soldats espagnols républicains et les bébés espagnols expulsés par Franco vont précéder dans le chemin de l’aide humanitaire les enfants de l’Afrique, de l’Amérique latine, du Vietnam.
Les réfugiés économiques ou politiques frappent à notre porte qui s’ouvre de plus en plus difficilement. Diantre ! « On ne peut pas recevoir sur notre sol toutes les misères du monde « éructent le Vlaams Blog et le Front national ». « On ne peut partager le peu qui nous reste avec des millions de familles. Cela devient impossible proclament les tenants du grand Capital ». Comme ces gens sont peu enclins à partager leur gâteau, ils recourent : à la bonne vieille excuse : » Nous avons créé notre richesse. Ils n’ont qu’à créer la leur. Nos ancêtres, eux, n’ont pas été mendier leur pain à l’étranger, n’est-ce pas ? » Voire !
A suivre
Roger Nicolas