Les maladies

La peste dont le bacille est transmis à l’homme par le rat, puis par les personnes infectées fit son apparition pour la première fois en Europe en 430 avant Jésus-Christ. Elle se propagea tous les pays et pendant plus de 2300 ans, elle fit des ravages périodiques.

Pendant le Moyen-Age, nos contrées ne furent pas épargnées. En 1348, la peste causa la mort de 25 millions d’Européens. Ce fut la maladie la plus dévastatrice connue dans l’histoire. Elle avait atteint les deux tiers de la population sans le moindre cas de guérison. En 1400 et 1401, une nouvelle épidémie de peste provoqua une effroyable mortalité dans l’Entre Sambre et Meuse. La tradition toujours vivace à Montbliart garde le souvenir de cette peste qui décima le tiers de la population du village. Les autres habitants étaient si affaiblis qu’ils ne purent inhumer les corps. Ceux-ci furent entassés dans une maison du chemin de Bellièvre et recouverts de chaux vive. On avait bouché les ouvertures et la maison fut condamnée pendant 30 ans.

Actuellement cette petite maison existe toujours. Elle devint la propriété d’Edmond Graus qui l’aménagea et la fit servir de garage. Pendant les périodes d’épidémie les survivants étaient tellement affaiblis qu’ils ne pouvaient plus cultiver les terres. Les mines, les forges, les carrières et le travail des bûcherons étaient abandonnés. On entrait ainsi dans un cercle vicieux où la maladie avait plus de prise sur les corps décharnés.

Cette terrible maladie qu’était la peste était le plus souvent ramenée par les soldats qui menaient de des guerres colonialistes au profit du capitalisme naissant, hideux et criminel (voir l’accumulation primitive du capital de Karl Marx).

Ce n’était pas l’avis des autorités catholiques qui par fanatisme religieux accusaient les Juifs de répondre la maladie. Ils étaient accusés d’avoir empoisonné les fontaines et d’avoir attiré la vengeance et la colère de Dieu. Les Juifs furent donc persécutés. Par exemple sur 1800 Juifs qui habitait Strasbourg, les catholiques en brûlèrent 900. Des gens armés tuaient, pillaient et brûlaient sous prétexte de chasser cette engeance. À Mayence, 12 000 Juifs se donnèrent la mort pour échapper à la furie et aux supplices des catholiques. Cela n’était pas plus beau dans nos villes et nos campagnes, et pendant ce temps, la peste continuait à sévir. Ni les prières ni les pèlerinages à Saint-Roch ou les injonctions des curés n’arrêtaient le fléau. Les paysans et les mineurs de fer étaient les plus touchés car ils étaient affaiblis par leur travail harassant.

À tous ces désastre apportés par les guerres, d’autres grandes épidémie venaient encore ajouter des calamités tout aussi terrifiantes. Elles pratiquaient des coupes sombres dans les rangs de la population.

Outre les pestes, le choléra, la grippe et la variole furent de loin les maladies les plus contagieuses qui sévissaient alors. La tuberculose causée surtout par une mauvaise alimentation et le manque d’hygiène faisait aussi de terribles ravages.

Parmi les malades, les plus malheureux étaient les lépreux. Réprouvés à cause du mal, qui rongeait leur chair, ils étaient parqués dans des lieux qui leur étaient destinés et appelés « maladrerie » où la plus élémentaire hygiène manquait le plus souvent. Il leur était défendu d’en sortir sans s’annoncer au moyen d’une crécelle.

Dans les écrits du 17e siècle, on parle encore de la lèpre. Pour tenter de guérir, ces maladies, on avait recours à la médecine magique des guérisseurs et des moines qui préparaient des potions à base de plantes aromatiques comme la sauge, le thym le laurier, la marjolaine, l’hysope,…

Suivant les croyances des guérisseurs, ceux-ci ajoutaient à leurs potions de la bave de crapaud, de l’urine de jument, des râpures des crânes des pendus ou tout autre ingrédient aussi fantaisiste. Il existe des recueils de remède cabalistiques de ce genre qu’on utilisait dans le temps, le tout accompagné des incantations d’usage adressées au. saint de service.

À cette époque, le mot magique « abracadabra » écrit en triangle afin qu’on puisse le lire dans tous les sens avait encore le pouvoir, disait-on, de guérir les plus terribles maladies….. Quoi qu’il en soit, tous ces remèdes ne parvinrent jamais à enrayer ces épidémies entretenues par l’ignorance des règles élémentaires d’hygiène, la superstition et le fanatisme religieux qui enseignait par spéculation au profit des riches et de l’autel que toutes les maladies et tous les mots étaient envoyés par Dieu pour l’expiation sur terre des péchés des hommes. Il fallait disaient-ils bénir la main qui frappait afin d’obtenir le pardon de nos fautes et mériter la béatitude éternelle après notre mort.

Roger Nicolas

À suivre

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