
A l’initiative de la municipalité de Montataire (périphérie parisienne) et plus particulièrement de notre camarade Fernand Tuil*, fut créée une association de jumelage entre villes de France et camps de réfugiés palestiniens. Cette association avait pour but principal la reconnaissance du peuple palestinien désireux de vivre libre dans un état reconnu et indépendant.
Déjà, des projets de jumelages se développaient au travers d’échanges de jeunes, de sportifs, d’actions de solidarités dans divers domaines tels que la santé ou la formation.
C’est ainsi que du 1er au 7 avril 1999, une délégation forte de 39 personnes fut accueillie dans les camps palestiniens afin de jeter les bases de nouvelles opérations de jumelage. L’association comptait vingt-huit municipalités françaises.
Une invitation avait aussi été adressée au PCB qui proposa à Robert Tangre de se joindre à la délégation. C’est ainsi que notre camarade fut reçu dans le camp de Silwad situé près de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne.
Ce petit camp regroupait quelque cinq cents personnes dont un nombre important de jeunes. Les familles palestiniennes se composent généralement d’une dizaine de personnes vivant sur quelques mètres carrés. Le camp, géré par l’U.N.R.W.A., se trouve coincé dans le village palestinien du même nom enserré dans une muraille de béton. Nous sommes à la campagne, dans un paysage rocailleux certes, mais relativement verdoyant. Chacune des familles dispose d’une parcelle de terre au centre de laquelle s’érige une petite construction. Celle-ci s’agrandit au fur et à mesure des possibilités pécuniaires de la famille, possibilités limitées car le chômage touche plus de 70 % de la population.
L’environnement est fortement dégradé. Autour du seul conteneur, remplacé une à deux fois par mois, s’accumulent les déchets. Il ne fait pas encore très chaud en cette période de l’année, pourtant les senteurs y sont déjà très fortes.
Ce coin de terre de Palestine est pourtant un paradis à côté d’autres camps où s’entassent des centaines de milliers de déplacés. Partout, pourtant, l’accueil des Palestiniens fut chaleureux, peu d’Occidentaux s’occupant d’eux, disent-ils. La mémoire est courte mais surtout sélective.

Camp de Silwad.
Qui sont les réfugiés ?
Ce sont des personnes qui ont été chassées de leurs terres, villages et villes par les Israéliens lors de la guerre de 1948. Sur 8 millions de Palestiniens vivant dans le monde plus de 5 millions sont des réfugiés. Ils ont perdu tous leurs droits. Vivre normalement dans leur pays est interdit.
En 1949, l’UNRWA** est créée par les Nations Unies pour permettre le retour des Palestiniens chez eux.
Cet organisme provisoire existe depuis plus de 70 ans et permet tant bien que mal de fournir la plupart des services publics.
Dans le cadre des Accords d’Oslo signés par les Israéliens et les Palestiniens, on devait discuter du sort des réfugiés de 1948, les questions des colonies de Jérusalem, des frontières et de la gestion des ressources naturelles.
Les Palestiniens demandent la reconnaissance du droit au retour des réfugiés, réaffirmé par l’ONU et exigent réparation des préjudices qui leur ont été causés. Cette reconnaissance est indispensable pour permettre un règlement juste et durable du conflit du Proche-Orient.
En attendant, les camps de réfugiés se répartissent de la façon suivante : 10 en Jordanie, 12 au Liban, 10 en Syrie, 19 en Cisjordanie et 8 à Gaza.
- Fernand Tuil : co-président de l’association de jumelage, Français, Arabe et juif avec Ahmed Muhaisen, son ami co-président, Palestinien, musulman.
- UNWRA : L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA – en anglais : United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East) est un programme de l’Organisation des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens .
- Gaza : Maurice Magis a représenté le SPWB à Jabalia, camp situé dans le territoire de Gaza pour signer un accord de jumelage avec la commune belge de Viroinval.
Robert Tangre
A suivre