Le procès des crimes du 18 août se déroula à Charleroi du 21 mai au 3 août 1946.
Il restait à déterminer la responsabilité du rexisme
Si Léon Degrelle, en fuite en Espagne, le fondateur du mouvement REX porte la pleine responsabilité du crime du 18 août, la faute retombe toutefois sur l’ensemble du rexisme

Victor Matthys (54), Louis Collard (55), François Debie
Victor Matthys, son second, le principal responsable se défendit avec un sang-froid déconcertant et une apparente indifférence. L’homme semblait parler comme s’il avait joué à quitte ou double. Comme il avait, par malheur, perdu la partie, il se déclarait d’ailleurs prêt à payer de sa personne la perte de sa mise.
Lors de sa propre défense devant le Conseil de Guerre le 3 juillet 1946, il déclara pour la première fois qu’il regrettait profondément sa décision mais à l’entendre, on peut se demander si cet homme était animé d’un esprit sincère pour être cru sur parole car c’est lui qui avait conçu l’idée des représailles, en donna l’ordre et précipita l’exécution. Pour justifier les représailles, il prétendit qu’elles étaient de nature à arrêter ou à réduire considérablement les meurtres commis par les résistants contre les affiliés de Rex.
Il oublie toutefois qu’il n’est jamais permis, ni en conscience ni légalement, de tuer un innocent et dans le cas de Courcelles, les victimes étaient innocentes. Aucune d’elles ne mettait en état de légitime défense ni le monde du Rex ni le rexisme lui-même.
Il tait la collaboration de son parti avec l’ennemi dès janvier 1941, une collaboration qui s’intensifie de plus en plus au fur et à mesure des années de guerre. Le parti rexiste était devenu l’ennemi de la Belgique car il faisait cause commune avec les Allemands. Les attentats du parti rexiste contre des citoyens belges forment une raison de plus de condamner les représailles de Rex. D’autre part, Matthys, par ses discours, ses menaces et ses ordres incitèrent les malheureux qui leur avaient donné leur confiance les plaçait dans un état psychologique capable d’admettre comme légitimes les représailles et l’accomplissement du crime lui-même.

Photographie des inculpés à la salle Concordia à Charleroi
En ce qui concerne les rexistes qui participèrent au crime de Courcelles, non seulement, ils n’avaient pas reconnu devant la justice les crimes qu’ils avaient partiellement reconnus à l’instruction . Ils se sont enfermés dans la négation ou ont recouru au mensonge. A les entendre sauf quelques-uns d’entre eux, il n’y aurait pas eu de victimes à Courcelles puisqu’il n’y avait pas la présence de tueurs.
Ce n’est que lors de la dernière audience, le 12 juillet 1946, devant l’arrêt fatal qui pesait sur leur tête qu’il se décidèrent à exprimer des regrets.
Le 10 novembre 1947, 27 d’entre eux furent passés par les armes dans la cour de la caserne de la gendarmerie à Charleroi.
Résumé effectué par Robert Tangre