La fierté des enseignant-e-s.

Depuis pas mal de temps, je souhaitais écrire mon témoignage de vieil instituteur. Je voulais le faire de façon chronologique. Toutefois la sortie du livre de Mehtap Teke en bouleverse la réalisation et me fait accomplir un bond dans le temps, mais aussi un retour dans le passé.

Classe de 4 ème année primaire ( 1986 -1987 ???) école communale de Sart-lez-Moulin de Courcelles

Au plus profond de moi, je suis resté instit même si j’ai fui ce métier. Instituteur à Courcelles depuis 1962, j’ai d’abord enseigné dans l’école communale du Trieu des Agneaux jusqu’en 1978. La plupart des enfants fréquentant cette école provenaient de milieux ouvriers d’origine belge ou d’ancienne immigration soit italienne ou espagnole.

En 1978, je quittai l’enseignement comme détaché pédagogique pendant quatre années auprès d’une organisation de jeunesse, l’Union des Pionniers de Belgique.

1982, je réintégrais l’enseignement communal. Comme j’étais nommé définitivement, mon emploi était sauvegardé durant les quatre années écoulées. Toutefois, je changeai de siège d’école et me retrouvai à Sart-lez-Moulin. C’est là que j’ai découvert concrètement les enfants des nouvelles  émigrations. La population de ce siège d’école comptait une certain nombre d’enfants d’origine algérienne, marocaine et turque dont des Kurdes.

C’est ainsi que je fis la connaissance de parents qui suivaient de près les études de leurs petits garçons et petites filles au même titre évidement que la plupart des autres parents d’enfants autochtones.

Je quittai l’école en 1988 pour des raisons que j’expliquerai plus tard . C’était , il y a 35 ans. Lorsque j’ai le plaisir de rencontrer l’un(e) ou l’autre de mes élèves , c’est l’image de la petite fille ou du petit garçon qui me revient toujours à l’esprit.

Grâce à Facebook, je suis en contact avec certain-e-s de ces enfants âgés maintenant d’une quarantaine d’années. Ils m’apprennent leur évolution, les études qu’ils ont accomplies et la carrière qu’ils ont embrassée. Des petits mots bien gentils me sont souvent adressés et me prouvent qu’ils n’ont pas oublié le vieux monsieur que je suis devenu. Comment ne pas être content devant un  témoignage comme celui de Salik : «  Monsieur, je vous ai remplacé. Je suis instituteur ! ».

Content mais aussi fier de Mehtap qui vient d’écrire un livre sur la vie de son papa. Fier aussi d’apprendre que les petites TEKE sont devenues toutes trois universitaires. Mehtap se révèle écrivaine.  Du coup, en pensées, je revois les parents, la maman qui suivait de très près les études de ses fillettes.  Le papa participait aux fêtes organisées par l’école et je sais qu’il travaillait beaucoup pour leur offrir la possibilité de fréquenter l’université.

Le jeudi 16 mars prochain à 19 h, Mehtap sera présente à la Maison de la Laïcité, rue Vandervelde 5 à Souvret. C’est l’occasion pour toutes celles et tous ceux qui ont apprécié cette petite école communale de la rue des Graffes de se retrouver et d’échanger. Mes ancien-nes-s collègues sont également les bienvenu-e-s.

Robert Tangre

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