Contre-propagande n° 6: « Lors de chaque intervention nos partisans risquaient leur vie «

Les P.A. de la Brigade Spéciale procédèrent jusqu’à dix exécutions en une semaine. Un jour, en province, ils mirent la main sur un colporteur, dénonciateur réputé qui espionnait particulièrement les familles soupçonnées de compter un partisan parmi leurs membres.
Enfermé sous bonne garde chez un patriote dévoué, l’homme avoua lâchement ses crimes. Après trois jours de détention, il fut jugé puis un matin, à 5 heures, il expia dans l’ombre d’une cave. C’était là une exécution de tout repos. Autrement mouvementée fut la tentative d’enlèvement d’un mouchard place Simonis à Koekelberg.
Omer et sa bonne équipe, toujours montant la fidèle Peugeot, devaient prendre livraison du traître et le transférer quelque part pour son jugement. Des hommes d’une autre compagnie, chargés de l’arrestation se tenaient deux à deux dans différents cafés. Quand la Peugeot arriva sur la place, Omer vit un agent de police et deux civils tenant en respect deux partisans. Notre ami, armé de sa mitraillette, ne fit qu’un bond vers le groupe.
Un des partisans arrêtés profita de l’incident pour s’enfuir ; l’autre fut emmené. Omer n’en vit rien mais il sentait le sang couler le long de sa jambe et il regagna la voiture qui fila au plus vite.
Le partisan manœuvra rageusement le levier de son arme. Le fonctionnement en reprit normalement. Alors les P.A. parlèrent du camarade resté aux mains des policiers et Omer ordonna dans un sursaut de révolte : « Demi-tour ! »
On revint sur la place. L’agent s’y trouvait encore mais il déguerpit bien vite en reconnaissant l’auto. Trop tard ! Omer lui lâcha une rafale qui l’atteignit à la bouche. Le trop zélé collaborateur s’écroula tandis que le P.A. s’élançait vers un camion où il croyait découvrir son camarade disparu.
Un cri d’avertissement lui parvint venant de sa propre voiture : « Attention, derrière ! » Sortant d’un café, un Allemand accourait, révolver au poing. Notre ami eut à peine le temps de se retourner et faire feu. Le nazi tomba. C’eut été la folie de s’attarder une minute de plus. Perdant du sang en abondance, Omer rejoignit sa voiture.
En filant vers le havre, le partisan aidé de ses camarades effectua lui-même son premier pensement après avoir déchiré son pantalon et garrotté sa cuisse. Ce fut seulement six heures plus tard qu’il put obtenir les soins d’un médecin. Décidément, s’il fallait être audacieux, il fallait aussi être dur.
Episode suivant: « Villégiature fatale »