Libres propos:  » Facebook remplace le Sûreté de l’Etat »

Imagine-t-on fréquenter un kiosque à journaux où ne serait disponible qu’un seul titre, celui qui correspond à ses opinions. C’est pourtant ce que propose Facebook : un univers de confort intellectuel, qui mêle paradoxalement l’absence de confrontation à de différentes idées et la mise en avant de contenus polémiques propres à nous retenir sur ses pages.

Facebook affiche 1,59 milliard de lecteurs. Chaque lecteur est analysé par un algorithme, une intelligence artificielle qui connait tous nos centres d’intérêts. Il sait par exemple quelle est la dernière page consultée, ce qui la constitue, quel est le destinataire de l’information diffusée.

Facebook, c’est une entreprise cotée en bourse. Le patron, Mark Zuckerberg possède une fortune estimée à 70,8 milliards de dollars, huitième fortune mondiale… Outre qu’il possède le puissant réseau social, il détient également Watts App et Instagram qui drainent pratiquement 5 milliards d’utilisateurs eux deux.

Nos précieux profils (goûts, opinions, lectures, centres d’intérêts…) sont monnayés aux plus offrants qui, par exemple comme Cambridge Analytica, cette agence publicitaire, peuvent, grâce à nos profils, habillement nous fourguer des publicités sur mesure.

Pire ces données ont été vendues à l’OTAN qui connaît nos opinions face à l’Organisation du Traité Atlantique Nord. Donc aujourd’hui, grâce à Facebook, les responsables de l’OTAN savent exactement ce que nous pensons d’eux.

Le pire, c’est que les utilisateurs des réseaux sociaux se fliquent eux-mêmes. Dernièrement, une amie pro palestinienne a eu la désagréable surprise de voir se refuser un appel au boycott de produits israéliens issus des colonies juives. Ce n’est guère étonnant quand on sait que Mark Zuckerberg est un sioniste acharné et convaincu…

Le même vient d’annoncer en grande pompe la création de sa propre monnaie : le libra. Certains n’hésitent pas à crier au génie en parlant de Mark Zuckerberg. D’un coup de clic on pourra envoyer des fonds à l’autre bout du monde ou de l’autre côté de la rue.   Le Libra ne sera pas instable comme le Bitcoin mais adossé à des devises sérieuses : le dollar, l’euro, la livre sterling, le yuan.

Pas moins de 28 groupes tout ce qu’il a de plus solides, comme Visa, Master Card ou Uber ont mis 10 millions de dollars sur la table pour faire partie de la fondation Libra. Elle a déjà son siège en Suisse, au pays des banquiers au grand cœur. Une chose est sûre depuis le scandale Cambridge Analyticité, Mark Zuckerberg est prêt à vendre sans vergogne les profils des utilisateurs de la crypto monnaie au plus offrant et d’aucuns s’en frottent déjà les mains. On saura dorénavant qui finance cette petite revue de gauche, ce blog antisioniste… Bienvenue dans le mode merveilleux du flicage permanent…

Au cours de la guerre froide, les troupes américaines de l’OTAN étaient stationnées à la base de Florennes et avaient installé des missiles pointées vers l’Est. Les mouvements de paix, dont je faisais partie, allaient manifester chaque dimanche devant la caserne. Un agent de la sûreté nous pistait et nous prenait en photo. En clair, il nous fichait. A l’heure actuelle, ces agents peuvent aller au chômage. Une société privée se charge de faire leur boulot…   

Freddy Guidé

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